‹ [Œuvres choisies]Chapitre 410 sur 558 · ACTE V, SCÈNE IX · texte numérisé non relu

ACTE V, SCÈNE IX

(Haut)

Votre cœur serait libre encor, mademoiselle?

MADEMOISELLE D’ORFEUIL, à part.

Hélas !

Si vous saviez combien cette nouvelle A lieu de me toucher ! heureux Florville !

MADEMOISELLE D’ORFEUIL.

Eh quoi !

Vous enviez son sort?

M. DE FLORVILLE, rivement.

Ah 1 je parle de moi.

MADEMOISELLE D’ORFEUIL.

De vous, monsieur !

M. DE FLORVILLE

Eh ! oui. La feinte est inutile, Vous êtes libre encore, et moi je suis Florville.

MADEMOISELLE D’ORFEUIL.

Vous Florville?

M. DE FLORVILLE

Moi-même. Ah ! daignez m'excuser, Si, pour observer mieux, j’ai pu me déguiser.

Je vous aimai, sans doute, à la première vue.

Pour un autre déjà je vous crois prévenue.

Dès lors, sacrifiant mes droits et mon amour,

Je pars. On me rappelle : ô trop heureux retour !

Un seul mot me rassure, et je puis donc encore Vous dire qui je suis et que je vous adore.

Qu’entends-je? eh quoi? c’est vous qui m’étiez destiné?

(A part.)

Se peut-il? Ah ! mon cœur l’avait bien deviné.

(Haut, j

Je puis donc espérer (mon bonheur est extrême) D’ètre enfin à celui que j’estime et que j’aime.

M. DE FLORVILLE

J’étais aimé! qu’eu tends- je ? et c’est l’autre étranger Qui me rappelle ici ; j étais loin de songer.,.

LES CHATEAUX EN ESPAGNE

MADEMOISELLE ü’ORFEUIL.

Et «"est lui-même aussi qui dans ces lieux m’envoie.

M. DE FL O R VIL LE

S©n sort, en ce moment, empoisonne ma joie.

Bn désespoir je passe au comble du bonheur ;

ZBon ami perd tout, en perdant son erreur.

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