G E O R GE
Ah ! l’on peut donc enfin vous saisir un moment, Monsieur Armand.
CHARLE
Toujours tu me nommes Armand,
Et tu me trahiras.
GE ORGE
Pardon, je vous supplie.
CHARLE
Charle est mon nom.
LE VIEUX CÉLIBATAIRE
GEORGE
Eh ! oui, je le sais, mais j’oublie.
Je m'en ressouviendrai, ne soyez pas fâché.
Pendant que tout le monde est encore couché,
Causons : dites-moi donc bien vite où vous en êtes,
Ce que vous devenez, les progrès que vous faites: Votre sort en dépend; j’y suis intéressé.
CHARLE
Eh mais; je ne suis pas encor très-avancé.
Il faut qu’avec prudence ici je me conduise...
Puis, j’attends qu’en ces lieux ma femme s’introduise, Pour agir de concert.
GEORGE
Oui, vous avez raison ;
Mais vous voilà du moins entré dans la maison.
CHAR LE
Ah ! comment ! à quel titre, et combien il m’en coûte ! Moi, domestique ici î george.
Cest un malheur, sans doute :
Mais pour servir son oncle, est-on déshonoré?
Je le répète encor, c’est beaucoup d’être entré ;
Et j’eus, lorsque j’y songe, une idée excellente :
Ce fut de vous offrir à notre gouvernante Comment un parent, char le.
Jamais pourrai- je m’acquitter?...
GEORGE
Allons!... ce que j’en dis n’est pas vous me vanter... Je ne me prévaux point, mais je vous félicite,
C’est moi qui bien plutôt ne serai jamais quitte.
Voire bon père, hélas! dont j’étais serviteur,
A pendant dix-huit ans été mon bienfaiteur.
Gui, cher Armand... pardon... mais je vous ai vu naître,* J’ai vu mourir aussi ma maîtresse et mon maître: Jugez si George doit aimer, servir leur fils !
CHARLE
Pourquoi îe ciel sitôt me les a-t-il ravis?
Ah ! pour m’être engagé par pure étourderie...
GEORGE
Eh ! monsieur, laissez là le passé, je vous prie ;