SCÈNE VI,I — M. DUBRIAGE, MADAME EVRARD, CHARLE
M. DUBRIAGE.
C’est vous ? onjour, madame !
MADAME EVRARD, très-tendrement.
Monsieur, je vous salue, et de toute mon âme.
CHARLE
Votre humble serviteur.
M. DUBRIAGE.
Vous voilà, mon ami?
MADAME EVRARD
Vous paraissez rêveur... Auriez-vous mal dormi?
M. DUBRIAGE.
Moi ? très-bien, madame evrard.
Je ne sais... mais je suis clairvoyante; Et vous aviez hier la mine plus riante.
M. DUBRIAGE.
Croyez- vous ? Cependant j’ai toujours ri fort peu.
LE VIEUX CÉLIBATAIRE
MADAME EVRARD
Je m’en vais parier que c’est votre neveu Qui cause en ce moment votre sombre tristesse; Avouez-le. m. dubriage.
Il est vrai qu’il m’occupe sans cesse :
Et même cette nuit, mes amis, j’y songeais.
MADAME EVRARD
Il vous aura donné quelques nouveaux sujets !...
M. DUBRIAGE.
Non. MADAME EVRARD.
Pourquoi, dans ce cas, y songez-vous encore? Depuis plus de huit ans, l'ingrat vous déshonore. Oubliez-le, monsieur, sachez vous égayer.
M. DUBRIAGE.
Ah ! je puis le haïr, mais jamais l’oublier.
MADAME EVRARD
Laissez, encore un coup, ces plaintes éternelles.
Ne voyez plus que nous, vos serviteurs fidèles: Ambroise, Charle et moi, dévoués et soumis,
Vous tiendrons lieu tous trois de parents eu d’amis.
(Prenant la main de M. Dubriage.)
Mais de tous mes emplois il faut que je m’acquitte : C’est pour songer encore à vous que je vous quitte.
M. DURIAGE.
Fort bien. madame évrard.
Charle vous reste : il saura converser.
CHARLE
Heureux, si je pouvais jamais vous remplacer !
MADAME ÉVRARD, bas à Charles.
Songez à notre plan.
CHARLE, bas à madame Evrard.
Oui, j’y songe, madame.
(Madame Évrard sort.)