ACTE I, SCÈNE VII
CHARLE
Monsieur. . . certainement...
Mais qui n’aurait pour vous le même empressement?
Oh ! je ne suis pas moins content de ton service, Charle. char le.
Monsieur, je suis peut-être un peu novice ?
M. DUBRIAGE.
Non. CHARLE.
Le désir de plaire est si propre à former !
Et l’on sert toujours bien ceux que l’on sait aimer.
M. DUBRIAGE.
Chaque mot que tu dis, me touche, m’intéresse.
CHARLE
Puissé-je quelque jour gagner votre tendresse !
M. DUBRIAGE.
Elle t’est bien acquise; oui... je ne sais pourquoi,
J’ai vraiment du plaisir à causer avec loi :
Ce n’est qu’avec toi seul que je suis à mon aise.
CHARLE
Heureux qu’en moi, monsieur, quelque chose vous m. dubriage. [plaise!
Mon cœur est plein ; il a besoin de s’épancher.
Autour de moi j’ai beau jeter les yeux, chercher;
Je n’ai pas un ami dans toute la nature,
Pour verser dans son sein les peines que j’endure.
Les peines !... quoi, monsieur, vous en auriez?
M. DUBRIAGE. HéllS ]
Je te parais heureux, et je ne le suis pas.
CHARLE
Cependant... m. dubriage.
Tu le vois, je suis seul sur la terre, Triste... charle.
Seul, dites-vous ?
M. DUBRIAGE.
Oui, je suis solitaire.
Àh ! pourquoi, jeune encore, au moins dans l’âge mûr, Ne faisais-je pas choix d'une femme!
LE VIF.IIX CÉLIBATAIRE
LE VIEUX CÉLIBATAIRE
GHARLE. Il est sûr
Qu#, pour se préparer une heureuse vieillesse,
11 faut à ces doux nœuds consacrer sa jeunesse.
M. DUBRIAGE.
Je le vois à présent. Je voudrais... vœux tardifs !
GHARLE, à part.
Hélas !... Vous eûtes donc, monsieur, quelques motifs, Pour vous soustraire au joug de l’hymen?
M. DUBRIAGE.
Oui, sans doute.
J’en eus, que je croyais très- solides. Ecoute :
J’avais dans mon commerce un jeune associé :
Par inclination il s’était marié :
Sa femme fit dix ans le tourment de sa vie.
Ce tableau, vu de près, me donnait peu d’envie D’en faire autant. gharle.
Sans doute, il pouvait faire peur.
M. DUBRIAGE.
Quand j’aurais eu l’espoir de faire un choix meilleur, Sous les yeux d’un ami, cette union heureuse Aurait rendu la sienne encore plus affreuse.
Il mourut. D’un commerce entre nous partagé,
Chargé seul, à l’hymen dès lors j’ai peu songé :
Je quittai le commerce.
GHARLE.
Enfin vous étiez maître, Libre... m. dubriage.
En me mariant, j’aurais cessé de Rétro. L’hymen est un lien.
GHARLE.
Soit. Convenez aussi Qu’il est doux quelquefois d’être liés ainsi :
Monsieur !... pour se soustraire à cette servitude, Souvent on en rencontre encore une plus rude.
M. DUBRIAGE.
Puis, sur un autre point j’eus l’esprit combattu.
Les femmes (sans parler ici de leur vertu,
J’aime à croire qu’à tort souvent on les décrie) ;