SCÈNE X— CHARLE, LAURE
CHARLE
Te voilà donc entrée. Ah! nous verrons un peu S’ils feront déguerpir la nièce et le neveu.
LAURE
Je suis tremblante encor.
CHARLE
Rassure-toi, ma chère.
Mon oncle va te voir ; il suffit, et j’espère.
Il entendra bientôt le son de cette voix
Qui sut toucher mon cœur dès la première fois...
Ah ! je voudrais déjà qu’à loisir il t’eût vue.
LAURE
Je désire à la fois et crains cette entrevue ;
Cette madame Évrard, ô dieu, que je la crains!
CHARLE
Qu’elle est fausse et méchante !
LAURE
En ce cas, je la plains.
Chère épouse T faut-il qu’à feindre de la sorte Le destin nous réduise ?
LAURE
Eh! Charle, que m’importe?