SCÈNE I — M. DUBRI AGE, seul, a’ayancB en rêvant
Cet entretien toujours me revient à l’esprit :
Je ferai bien, je, crois... oui, cet hymen me rit.
Cette madame Évrard est tout à fait aimable ;
Elle est très-fraîche encor; sa taille est agréable :
Elle a les yeux fort beaux ; et ses soins caressants, Tendres, réchaufferaient l’hiver de mes vieux ans. Elle est d’ailleurs honnête et douce comme un ange... Mais mon neveu?... Ma foi, que mon neveu s’arrange. Faudra-t-il consulter ses neveux? Après tout,
Je puis l’abandonner, quand il me pousse à bout.
(Rêvant de nouveau.)
C’est qu’il est marié; bientôt il sera père,
Et ses nombreux enfants seront dans la misère...
C’est sa faute : pourquoi s’ètre ainsi marié ?
D’ailleurs, par mon hymen sera-t-il dépouillé?
Je puis faire à ma femme un honnête avantage...
Mais, à l’âge que j’ai, songer au mariage !
Dieu sait comme chacun va rire à mes dépens!
Que résoudre? Je suis indécis, en suspens...
Voici Gharle; à propos le hasard me l’amène.