‹ [Œuvres choisies]Chapitre 49 sur 558 · F LO R IM O ND · texte numérisé non relu

F LO R IM O ND

La garnison, Grispin? Je quitle le service.

CRISPIN

Vous quittez?.. .Quoi, monsieur, par unnouveaucapriee1;

FLORIMOND

Je suis vraiment surpris d’avoir, un mois entier,

Pu supporier l’ennui d’un si triste métier.

GRISPIN.

Mais j’admire en effet votre persévérance :

Un mois dans un état! quelle rare constance!

Depuis quand cet ennui?

FLORIMOND

Depuis le premier jour.

J’eus d’abord du dégoût pour ce morne séjour.

Dans une garnison, toujours mêmes usages,

Mêmes soins, mêmes jeux, toujours mêmes visages. Rien de nouveau jamais à dire, à faire, à voir :

Le matin on s’ennuie, et l’on bâille le soir.

Mais ce qui m’a surtout dégoûté du service,

C’est, il faut l’avouer, ce maudit exercice.

Je ne pouvais jamais regarder sans dépit Mille soldats de front, vêtus du même habit,

Qui, semblables de taille, ainsi que de ooiffure, Etaient aussi, je crois, semblables de figure.

Un seul mot, à la fois, fait hausser mille bras ;

Un autre mot les fait retomber tous en bas :

Le même mouvement vous fait, 5 gauche, à droite, Tourner tous ces gens-là comme une girouette.

GRISPIN.

Cependant...

FLORIMOND

Je pourrai changer d’habillement,

Et ne te mettrai plus...

GRISPIN.

Je vous plaignais, vraiment.

(Toueboat l’fcaliit de son maître.)

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