‹ [Œuvres choisies]Chapitre 499 sur 558 · SCÈNE IX — M. DUBRIAGE, CHAULE, LAURE, GEORGE · texte numérisé non relu

SCÈNE IX — M. DUBRIAGE, CHAULE, LAURE, GEORGE

GEORGE

Les bons remportent*

C’est nous qui demeurons, et les voilà qui sortent.

M. DUBRIAGE.

Eh ! voilà donc les gens que j’ai crus si longtemps !

Ce sont eux qui m’ont fait bannir, pendant dix ans,

Un neveu plein pour moi de respect, de tendresse.

(à Ârra«nd. )

Me pardonneras-tu cette longue détresse?

CH A R LE

Ah ! ne rappelons point tous mes chagrins passes : Par cet instant de joie ils sont tous effacés.

M. DUBRIAGE.

Est -il vrai? laure.

Je le sens. Qu’aisément tout s’oublie, Quand avec son cher oncle on se réconcilie !

M. DUBRIAGE.

De l’effort que j’ai fait je suis tout étonné.

(A Charle.)

Il faut que ta présence ici m’ait redonné Un peu de l’énergie, oui, de ce caractère Que j’avais autrefois : car, je ne puis le taire,

En m’isolant ainsi, je sens que j’ai perdu Plus d’une jouissance et plus d’une vertu.

Trop juste châtiaient ! Quiconque fut rebelle Aux lois de la nature, en est puni par elle.

CHARLE

Mais à propos, d’Arras cinq cousins sont venus.

M. DUBRIAGE.

Les Àrmands ? Eh ! pourquoi ne les ai-je pas vus?

CHARLE

Madame Evrard les a congédiés sur l’heure;

Mais j’irai les chercher ; ils m’ont dit leur demeure. Mou oncle, vous ferez un sort à chacun d’eux, N’est-ce pas ? m. dubriage.

Sûrement, mon ami : trop heureux

LE VIEUX CÉLIBATAIRE

D’assister des parents restés dans la misère !

Ah ! cela vaut bien mieux que ce que j’allais faire !

Me mariant si tard, comme tant d’autres font,

Pour réparer un tort, j’en avais un second.

Cela ne sied qu’à vous, jeunes gens que vous êtes. C’est toi, mon cher Armand, qui vas payer ma dette.

CH AR LE

Oui, mon oncle.

Plus d’oncle; oui, je vous le défends : Dites mon père ; moi, je dis bien mes enfants .

CHARLE

Oui, mon père.

LAURE

Mon père !

M. DUBRIAGE.

Allons donc ! Cette imago De la réalité console et dédommage.

Page 1