‹ [Œuvres choisies]Chapitre 514 sur 558 · SCÈNE VIII · texte numérisé non relu

SCÈNE VIII

FLORIMEL, RAIMOND, LUBIN.

FLORIMEL.

Nous voilà seuls.

RAIMOND

Monsieur !

FLORIMEL.

C’est qu’entre nous,

Je me trouve d’abord à mon aise avec vous :

Vous m’avec tout de suite, il faut que je le dise, Intéressé par l’air de candeur, de franchise.

RAIMOND

Tout le monde, en effet, me trouve cet air-là:

Il faut que cela soit.

Oh ! oui, c’est bien vrai, ça.

iQ

MALICE POUR MALICE

Pour moi, je ne sers pas depuis long-tems mon maître, Mais je le connais bien : l’enfant qui vient de naître N’est pas plus innocent.

RA IM OND

Lub in, en vérité.

FLORIMBL.

Moi, j’aime son babil, son ingénuité.

RAIMOND

Qui, mais...

LUBIN

i Puisque Monsieur est charmé quand je parle :

Hier même à Moulins, à l’auberge Saint-Charle,

Mon maître a pris... quelqu’un pour un prince étranger, L’appelait Monseigneur, l’écoutait sans manger ;

Et ce prince, c’était de ces gens à prologues,

Qui vendent à cheval des chansons et des drogues. Voilà quel est mon maître.

Est-il bien vrai, mon cher ?

RAIMOND

Très-vrai. Que voulez-vous ? cet homme avait grand

(air :

Il ne parlait jamais que de seigneurs, de princes ;

Il donnait à sa fille, en dot, quatre provinces : Pouvais-je deviner qu’il entendait par là Ne plus chanter ni vendre en ces provinces-là ?

FLORIMEL.

Eh ! c’est tout simple.

RAIMOND

Moi, je commence par croire.

Sans être un grand sorcier, on peut faire une histoire; IJn sot peut, tous les jours, rire aux dépens d’autrui, Rire même de tel... qui vaudra mieux que lui.

N’est-il pas vrai ?

FLORIMEL.

Voyez ! ne pas croire qu’on mente !

RAIMOND

Mais je désire fort qu’ici Ton me prôsv. nte...

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