ACTE I, SCÈNE VIII
FLORIMEL.
Non, je ne passe rien. J’ai rendez-vous, ce soir,
Avec un officier, mon ancien camarade,
Qui, nous rencontrant hier, dans une promenade,
A regardé ma sœur d’un air... qui m’a déplu.
Quoi ! pour cela, se battre ?
FLORIMEL.
Oui, j’v suis résolu.
RAIMOND
Diable ! à ses yeux, alors, il faut bien prendre garde. Vous permettez pourtant, monsieur, qu’on la regarde, Et vous ferez fort bien. En me le défendant,
Vous rendriez par là mon désir plus ardent.
Je vous parle sans fard.
FLORIMEL.
Ce n’est pas que je craigne.
J’ai mis près de ma sœur une sévère duègue,
Un Argus, au-dessus de son état, d’ailleurs ;
C’est une dame... elle a... vous saurez ses malheurs.
RAIMOND
Ah!
LUBIN
Puisque vous parlez ici de gouvernante, Monsieur, dans la maison, est-il une suivante ?
FLORIMEL.
Oui, Lubin ; car à tout je vois que vous pensez.
RAIMOND
C’est un bavard.
Est-elle un peu jolie ?
FLORIMEL.
Assez.
LUBIN
Cela se trouve bien.
FLORIMEL, à Raimond.
Même, par parenthèse,
Elle est espiègle, alerte, et va, ne vous déplaise,
Vous lutiner un peu.
MALICE POUR MALICE
LUBIN
Nous le lui rendrons bien.
FLORIMEL, à Lubin.
Je parle à votre maître, et vous, je vous préviens, Lubin, qu’il faut avoir bien du respect pour elle.
LUBIN
(D’un air fin.)
C’est différent. Je vois que cette demoiselle...
Les soubrettes, pourtant, sont notre lot, je crois.
RAIMOND
Enfin, te tairas-tu ?
Dame ? on défend ses droits.
FLO RIMEL.
(A Raimond.) (il appelle.)
Il est gai ; mais pardon. Léveillé !... Tout le monde. SCÈNE IX
LES PRÉCÉDENTS, LE VEILLÉ et trois autres domestiques. FL ORIMEL.
De ce brave garçon que chacun me réponde : J’entends qu’il soit traité... comme son maître, ici.
LÉVEILLÉ, d'un air ricaneur.
Oui, monsieur, tout de même.
LUBIN
Oh ! je n’ai nul souci.
(Aux autres domestiques.)
Messieurs, nous serons bien... s’il ne fait point d’orage.
LÉVEILLÉ
Bon ! forage est passé ; mon enfant, du courage.
(Lubin sort avec les autres valets. )