‹ [Œuvres choisies]Chapitre 533 sur 558 · ACTE II, SCÈNE VII · texte numérisé non relu

ACTE II, SCÈNE VII

MADAME DOLBAN.

Plaît-il?

RAIMOND

Qui, par degrés, mène à l’apoplexie.

MADAME DOLBAN.

L’apoplexie ? ô ciel !

RAIMOND

Hai... j’en ai vu...

MADAME DOLBAN.

Vraiment...

Je me sens toute... là... mais... je ne sais comment.

RAIMOND, lui tâtant le pouls.

Je le crois bien : le pouls, de seconde en seconde, S’élève.

MADAME DOLBAN.

Vous croyez?

RAIMOND

Une bile âcre abonde.

MADAME DOLBAN.

Oh ! depuis quelques jours, je n’étais pas très-bien.

RAIMOND

Pas très-bien ? mais... s’il faut ne vous déguiser rien...

Eh! quoi, monsieur?

RAIMOND

Tenez, la dame que j’ai vue Tout à l’heure, là-haut, dans ce lit étendue...

MADAME DOLBAN.

Hé bien ?

RAIMOND

Est moins malade, oui', beaucoup moins que vous.

MADAME DOLBAN.

Moins malade que moi !

RAIMOND

Convenez, entre nous,

Que j’arrive à propos.

MADAME DOLBAN.

Oui, je suis trop heureuse Mais cette maladie est-elle dangereuse?

MALICE POUR MALICE

RAIMOND

Non. Du repos ; de rien, ce soir, ne s’occuper ;

Boire de l’eau, surtout se coucher sans souper : Quinze ou vingt jours ainsi de calme, de régime,

Il n’y paraîtra plus.

MADAME DOLBAN.

Cet espoir me ranime.

RAIMOND

Un peu de confiance et de docilité.

MADAME DOLBAN.

J’en aurai, j’en aurai -, mais c’est qu’en vérité...

RAIMOND

(à part.)

Ne pleurez point. On vient; ô ciel; c’est Eusébie.

(Vivement.)

Voulez-vous dans le vif couper la maladie?

MADAME DOLBAN.

O Dieu ! si je le veux ?

RAIMOND, de même.

Allez faire soudain

Un tour de promenade.

MADAME DOLBAN.

Où donc?

RAIMOND

Dans le jardin.

Mais enfin...

RAIMOND

Eh ! courez.

MADAME DOLBAN.

Ne pouvez-vous me suivre?

RAIMOND

Non; il faut à l’instant, que je consulte un livre

MADAME DOLBAN.

Combien vais-je rester?

RAIMOND

Trois grands quarts d’heure, au moins.

Mais courez donc.

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