‹ [Œuvres choisies]Chapitre 545 sur 558 · SCÈNE XVI · texte numérisé non relu

SCÈNE XVI

FLORIMEL, RAIMOND.

FLORIMEL, à Raimond qui sortait.

Un m*t : que dites-vous de notre nouvel hôte?

RAIMOND

Eh! mais...

FLORIMEL.

Il a vraiment la mine hère et haute.

Haute? non, je lui trouve un maintien fort commun.

FLORIMEL.

Mais ne voyez-vous pas qu’il a l’air de quelqu’un ?

RAIMOND

Oui, l’air d’un voyageur, qui hàhle. Dieu sait comme !

FLORIMEL.

Êtes-vous bien certain, mon ami, que cet homme Soit un vrai voyageur?

RAIMOND

Certain ? non, je le croi.

FLORIMEL.

Et moi, j’en doute fort et je soupçonne...

RAIMOND

Quoi ?

FLORIMEL*

Que c’est un voleur.

RAIMOND

MALICE POUR MALICE

Cet accent, ce mystère, Cet air moitié marchand et moitié militaire...

RAIMOND

Un voleur?

FLORIMEL.

C'en est un, et tout est expliqué.

RAIMOND

Gomment? par des voleurs lui-même est attaqué.

FLORIMEL.

Fausse attaque! il s’est fait, par d’autres camarades, Tout exprès assaillir, près de nos promenades.

Mon oncle accourt, tout fuit, mais comme de raison, Le chef se laisse enfin conduire à la maison,

Pour en ouvrir, la nuit, les portes à sa troupe

RAIMOND

Cela se peut ; au fait, le voyageur se coupe :

Il m’a déplu d’abord, il faut en convenir.

FL O RIMEL.

Sur nos gardes, mon cher, sachons bien nous tenir.

RAIMOND

Oui, c’est ce que je fais.

FLORIMEL.

Heureusement, nos armes Sont toujours en état, chez nous, en cas d’alarmes; Les fusils sont chargés, et les sabres sont prêts.

Bien! Moi, j’ai mon épée et quatre pistolets.

Il faut que les méchants, dupes de leur manège,

Se trouvent, à la fin, pris dans leur propre piège.

(il sort avec Florimel.)

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