‹ [Œuvres choisies]Chapitre 546 sur 558 · SCÈNE I · texte numérisé non relu

SCÈNE I

FLORIMEL, MADEMOISELLE DOLBAN

(Il est nuit.)

FLORIMEL.

Oui, ma sœur, aux voleurs il croit pieusement.

MADEMOISELLE DOLBAN.

C’est toi plutôt qui crois cela tout bonnement;

Mais, moi, je t’avertis qulil fait semblant de croire, Et ne croit rien du tout

FLORIMEL.

Fort bien! plaisante histoire!

Il a l’air ingénu ; mais je l’observe, moi,

Et je te réponds bien qu’il est plus fin que toi.

„ FLORIMEL.

Elise est amusante, il faut que j’en convienne.

MADEMOISELLE DOLBAN.

Il paraît votre dupe, et vous êtes la sienne.

FLORIMEL.

Nous dupes de Raimond? Eh ! va, je te promets Qu’il sera plus facile à tromper que jamais.

MADEMOISELLE DOLBAN.

Allons, tu ne veux pas...

FLORIMEL.

Entre nous, il te traite Assez légèrement, c’est-à-dire en soubrette :

Voilà ce qui te fâche.

MADEMOISELLE DOLBAN.

Il m’intéresse peu :

Cette Eusébie aussi cache fort Rien son jeu.

MALICE POTtf; MALICE

Voilà ce qui te tient ; encor la jalousie.

MADEMOISELLE DOLBAN, affectant de sourire.

La jalousie? ah! ah ! la bonne fantaisie!

FLORIMEL.

Oui, parce que Raimond lui fait des yeux très-doux ; Mais elle s’en amuse.

MADEMOISELLE DOLBAN.

Ou plutôt de vous tous.

La scène de tantôt...

FLORIMEL.

N’élait qu’un badinage.

MADEMOISELLE DOLBAN.

Et son air langoureux?

FLORIMEL.

Bon ! c’est son personnage.

Mais ce n’est pas cela dont il est question :

C’est ici que je vais le mettre en faction.

MADEMOISELLE DOLBAN.

Fort bien.

FLORIMEL.

Il est déjà fatigué de sa route;

Il va se reposer fort joliment.

Sans doute;

Mais tu verras.

FLORIMEL.

Ma mère, où donc est-elle?

MADEMOISELLE DOLBAN.

Au lit.

Elle se croit malade.

FLORIMEL.

Oui?

MADEMOISELLE DOLBAN.

Raimond le lui dit.

Il la met au régime.

FLORIMEL.

Ah ! ah !

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