SCÈNE I
FLORIMEL, MADEMOISELLE DOLBAN
(Il est nuit.)
FLORIMEL.
Oui, ma sœur, aux voleurs il croit pieusement.
MADEMOISELLE DOLBAN.
C’est toi plutôt qui crois cela tout bonnement;
Mais, moi, je t’avertis qulil fait semblant de croire, Et ne croit rien du tout
FLORIMEL.
Fort bien! plaisante histoire!
Il a l’air ingénu ; mais je l’observe, moi,
Et je te réponds bien qu’il est plus fin que toi.
„ FLORIMEL.
Elise est amusante, il faut que j’en convienne.
MADEMOISELLE DOLBAN.
Il paraît votre dupe, et vous êtes la sienne.
FLORIMEL.
Nous dupes de Raimond? Eh ! va, je te promets Qu’il sera plus facile à tromper que jamais.
MADEMOISELLE DOLBAN.
Allons, tu ne veux pas...
FLORIMEL.
Entre nous, il te traite Assez légèrement, c’est-à-dire en soubrette :
Voilà ce qui te fâche.
MADEMOISELLE DOLBAN.
Il m’intéresse peu :
Cette Eusébie aussi cache fort Rien son jeu.
MALICE POTtf; MALICE
Voilà ce qui te tient ; encor la jalousie.
MADEMOISELLE DOLBAN, affectant de sourire.
La jalousie? ah! ah ! la bonne fantaisie!
FLORIMEL.
Oui, parce que Raimond lui fait des yeux très-doux ; Mais elle s’en amuse.
MADEMOISELLE DOLBAN.
Ou plutôt de vous tous.
La scène de tantôt...
FLORIMEL.
N’élait qu’un badinage.
MADEMOISELLE DOLBAN.
Et son air langoureux?
FLORIMEL.
Bon ! c’est son personnage.
Mais ce n’est pas cela dont il est question :
C’est ici que je vais le mettre en faction.
MADEMOISELLE DOLBAN.
Fort bien.
FLORIMEL.
Il est déjà fatigué de sa route;
Il va se reposer fort joliment.
Sans doute;
Mais tu verras.
FLORIMEL.
Ma mère, où donc est-elle?
MADEMOISELLE DOLBAN.
Au lit.
Elle se croit malade.
FLORIMEL.
Oui?
MADEMOISELLE DOLBAN.
Raimond le lui dit.
Il la met au régime.
FLORIMEL.
Ah ! ah !