‹ [Œuvres choisies]Chapitre 552 sur 558 · RAIMOND, GÉLON · texte numérisé non relu

RAIMOND, GÉLON

RAIMOND, d’une voix forte.

Qui vive?

Ami.

RAIMOND, d’assez mauvaise humeur.

Qui donc, l’ami!

GÉLON

Pon Tieu !

C’est moi, le foyâcheur.

RAI MOND, à part.

Que le diable t'emporte !

GÉLON

C’est fous, monsier Raimond?

RAIMOND

Oui. Courir de la sorte

La nuit !

GÉLON

11 me suffit t’une heure te sommeil.

RAIMOND

D’une heure?

GÉLON

Oui. Che fous fois tans un cas tout pareil, Je fous cherchais.

RAIMOND

Qui? moi? Allons, vous voulez rire?

Rire! non, cher monsier. Point du tout; je désire Fous confier tout bas un secret important.

MALICE POUR MALICE

RAIMOND

Un secret? à moi? bon!

GÉLON

A fous : foici l’instant.

Mon cher Raimond, il faut quenfin che fous âprenne...

RAIMOND

Quoi donc?

GÉLON

Chai peur qu’ici quelqu’un ne nous surprenne.

RAIMOND

Eh! tout le monde dort.

GÉLON

Cher monsier ! mon état

N’est pas t’être marchand, mais pien plutôt soldat.

RAIMOND

Soit.

Fous serez surpris, en âprenant quel homme Est ici tevant fous, et comment che me nomme.

RAIMOND

Parlez donc.

GÉLON

Ce pacha qui naquit dans Widdin,

Qui prit en un seul jour Andrinople et Semlin;

Qui, nouveau Mithridate, honorant ses retraites,

En victoires souvent a changé ses défaites,

A manqué renverser tout l’empire ottoman,

Et, jusqu’en son harem, fait trembler le sultan...

RAIMOND

Après ces hauts exploits, quel grand nom dois-je attendre? GÉLON.

Un nom plus grand qu’eux tous, et qui va vous surprendre Passwan-Oglou !

RAIMOND

Grand Dieu !

GÉLON

, Vous êtes, che conçoi,

Etonné de me voir en France : écoutez-moi.

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