M. D O LB AN
J’ai l’honneur de parler à madame Eliante ?
É LIA, N TE
Oui, monsieur.
M. DOLBAN.
Librement à vous je me présente, Madame..., Mais je suis Dolban, ambassadeur Deux fois, à Pétersbourg, à Madrid.
ÉLIANTE
Ah ! monsieur,
Votre nom m’est connu.
M. DOLBAN.
Jai cru que sans scrupule Je pouvais supprimer tout fade préambule.
Je m’explique en deux mots: Fiorimond, mon neveu Brûle de voir l'hymen couronner son beau feu.
S’il est digne à vos yeux d’une faveur si grande, J’ose en venir pour lui faire ici la demande.
ÉLIANiTE.
(â part.) (Haut.)
Je respire : voilà tout son secret. Monsieur,
La demande pour moi n’a rien que de flatteur ;
Et d’un début si franc, bien loin d’ètre surprise,
Je m’en vais y répondre avec même franchise. Monsieur votre neveu, dès que je le connus,
M’inspira de l’estime... et s’il faut dire plus,
Il m’inspira bientôt un sentiment plus tendre.
C’est bien assez, je crois, monsieur, vous faire entendre Quel prix j’attache aux soins qu’il me rend aujourd'hui.
M. DOLBAN.
Que de grâces je dois vous rendre ici pour lui !
ÉLIANTE
Un peu trop librement peut-être je m’exprime.
M. DOLBAN.
Cela ne fait pour vous qu’augmenter mon estime Madame ; ce ton-là fut toujours de mon goût.