‹ [Œuvres choisies]Chapitre 91 sur 558 · SCÈNE X · texte numérisé non relu

SCÈNE X

M. DOLBAN, florimond.

M. DO LBA N, de loin, à part

1 Mais le voici, je vais faire un homme bien aise.

(Haut.)

Eh bien! l'ambassadeur connaît fort notre Anglaise.

FLORIMOND

Vraiment?

M. DOLBAN.

11 m’en a fait un éloge complet.

Moi-même je l’ai vue, et la trouve en effet Telle que tous les deux vous me l’aviez dépeinte.

Je déclare tes feux ; elle y répond sans feinte :

Je demande sa main, et sa main est à toi.

Maintenant, Florimond, es-tu content de moi?

FLORIMOND, avec embarras.

Mon oncle... assurément... je ne saurais vous rendre... Je suis confus des soins que vous voulez’bien prendre,

M. DOLBAN.

Mon ami, je les prend, avec un vrai plaisir :

Je suis tout délassé, quand j’ai pu réussir.

Je vais disposer tout pour la cérémonie,

Et veux que dans trois jours l’affaire soit finie.

FLORIMOND

Dans trois jours?

M. DOLBAN.

Oui, mon cher : j’espère, dans trois jours, Par un heureux hymen couronner tes amours.

FLORIMOND

Mon oncle... vous allez un peu vite peut-être;

À peine, en vérité, peut-on se reconnaître.

M. DOLBAN.

Comment?.., Tu trouves doneque trois jours sont trop

[peu?

FLORIMOND

Je trouve que l’hymen n’est point du tout un jeu,

Et qu’on ne saurait trop y réfléchir d’avance.

Page 1