‹ [Œuvres choisies]Chapitre 92 sur 558 · M. D0LI3AN · texte numérisé non relu

M. D0LI3AN

Toi même me pressais de faire diligence.

F.LOR IM O ND

Oui,.. C’est que, d’un peu loin, l’hymen a mille attraits ; Mais je tremble, mon oncle, en le voyant de près.

M. DOLBAN.

Tu trembles? il est temps, quand j’ai fait la demande î Et dis-moi, d’où te vient une frayeur si grande ?

Eh quoi! l’amant qui touche au moment désiré D’être uni pour jamais à l’objet adoré,

De joie et de plaisir tressaille, et (u frissonnes!

Quoi! l’union des cœurs, bien plus que des personnes, Union dont jamais n’approcha l’amitié,

Les doux embrassements d’une tendre moitié,

D’une épouse à la fois modeste et caressante,

Ce riant avenir te glace et t’épouvante t Insensible à l’espoir de renaître avant peu Dans en enfant chéri, gage du plus beau feu, D’embrasser de tes traits une image aussi chère,

Tu trembles, en songeant au bonheur d’être père !

Ah ! si ce sont pour toi des maux à redouter,

Je crains pour les plaisirs que tu sauras goûter.

Permettez : le portrait d’une épouse chérie S’offre bien quelquefois à mon âme attendrie; Quelquefois je souris à ce groupe joyeux De quatre ou cinq enfants qui croissent sous mes yeux, Et je voudrais déjà d’un tableau qui m’enchante Voir se réaliser l’image si touchante...

Mais je songe à l’instant qu’à tous ces chers objets Je serai, fpar des nœuds, attaché '-pour jamais;

Que ce qui fut d’abord un penchant volontaire Bientôt va devenir un bonheur nécessaire.

Ce spectacle clés lors perd toute sa beauté ;

Dès lors je n’y vois plus que la nécessité.

Et puisque l’on ne peut, grâce à la loi sévère,

Sans cesser d’être libre, être époux, être père,

Mon cher oncle, à ce prix, je ne suis point jaloux D’acheter les beaux noms et de père et d’époux.

L’INCONSTANT

M. DO LBA N.

Ainsi Ton ne sent plus maintenant, on raisonne !

Par le raisonnement ainsi Ton empoisonne La source du bonheur, des plaisirs les plus doux !

Eh bien! j’étais né, moi, pour être père, époux... L’aspect d’un couple heureux m’a toujours fait envlo* Oui, l’hymen aurait fait le bonheur de ma vie :

A mon amour pour toi je l’ai sacrifié ;

Et sans toi, sans toi seul, je serais marié.

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