‹ [Œuvres choisies]Chapitre 93 sur 558 · F L 0 R IM 0 ND · texte numérisé non relu

F L 0 R IM 0 ND

Mon oncle, je le sais, et je vous en rends grâce :

Mais faudrait-il que moi je me sacrifiasse?

Ce n'est pas seulement l’hymen en général Que je redoute ici : je crains de choisir mal.

Je le vois, Eliante est une ph losophe,

Qui de rien ne s’émeut qui jamais ne s’échauffe.,

Qui ne rit pas, je gage, une fois en un jour,

Et, quand il faut aimer, disserte sur l’amour.

Elle a beauconp d’esprit, elle est sage, elle est belle; Mais j’ai peur, entre nous, de m’ennuyer près d’elle.

M. D O LBA N.

Voilà donc tes raisons! elle me font fait pitié.

De mes soins c’est ainsi que je me vois payé!

Ainsi, mal à propos, j’ai fait une demande :

On m’a donné parole, il faut que je la rende ;

Et tu viens te dédire au moment du contrat!

Peux-tu donc à ce point me compromettre, ingrat?

FLOR1MOND

Je suis mortifié de ces démarches vaines.,.

M. DOLBAN.

Tu pourrais d’un seul mot payer toutes mes peines. Dis seulement, dis-moi que tu l’épouseras.

FLORI MO ND

Je ne puis, en honneur.

M. DOLBAN.

Tu ne le veux donc pas?

F LORIMOND.

Mais quel acharnement, mon oncle, est donc le vôtre? Puis-je, aimant une femme, en épouser une autre?

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