‹ [Œuvres choisies]Chapitre 96 sur 558 · ÉLIANTE, LISETTE · texte numérisé non relu

ÉLIANTE, LISETTE

ÉLIANTE

Un si prompt changement a lieu de me surprendre, Madame, pardonnez... Mais ne pourrais-je apprendre La cause du chagrin, du trouble où je vous voi?

ÉLIANTE, une lettre à la main, très-émue.

Je ne veux plus jamais croire à la bonne foi.

LISETTFÎ,

Vous avez lu vingt fois et relu cette lettre

Qu’à l’instant en vos mains l’hôte vient de remettre :

G’est elle qui, sans doute, a causé tout le mal.

ÉLIA NTE.

Il est trop vrai, Lisette; et ce courrier fatal M’apprend de Florimond l’action la plus noire.

A Brest, au premier jour, aurais-tu pu le croire ?

Il va se marier, et le contrat est fait.

LISETTE

Qu’entends-je ? Un trait pareil est bien noir en effet.

ÉLIANTE

Essuya-t-on jamais un plus sensible outrage?

Oui, j’en pleure à la fois et de honte, et de rage.

LISETTE

Madame, trêve, en grâce, à ce trouble mortel.

ÉLIANTE

Je ne puis un moment rester en cet hôtel.

Hélas! moi, je croyais que cette impatience...

Eh! qui n’eût, à ma place, eu même confiance?

Qui n’aurait cru de même à cette vive ardeur,

A ces transports brûlants?... Je vantais sa candeur!

LISETTE

Madame, tout cela me paraît impossible.

l’inconstant. *

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