ÉLIANTE, LISETTE
ÉLIANTE
Un si prompt changement a lieu de me surprendre, Madame, pardonnez... Mais ne pourrais-je apprendre La cause du chagrin, du trouble où je vous voi?
ÉLIANTE, une lettre à la main, très-émue.
Je ne veux plus jamais croire à la bonne foi.
LISETTFÎ,
Vous avez lu vingt fois et relu cette lettre
Qu’à l’instant en vos mains l’hôte vient de remettre :
G’est elle qui, sans doute, a causé tout le mal.
ÉLIA NTE.
Il est trop vrai, Lisette; et ce courrier fatal M’apprend de Florimond l’action la plus noire.
A Brest, au premier jour, aurais-tu pu le croire ?
Il va se marier, et le contrat est fait.
LISETTE
Qu’entends-je ? Un trait pareil est bien noir en effet.
ÉLIANTE
Essuya-t-on jamais un plus sensible outrage?
Oui, j’en pleure à la fois et de honte, et de rage.
LISETTE
Madame, trêve, en grâce, à ce trouble mortel.
ÉLIANTE
Je ne puis un moment rester en cet hôtel.
Hélas! moi, je croyais que cette impatience...
Eh! qui n’eût, à ma place, eu même confiance?
Qui n’aurait cru de même à cette vive ardeur,
A ces transports brûlants?... Je vantais sa candeur!
LISETTE
Madame, tout cela me paraît impossible.
l’inconstant. *