En signe de respect. Voir de même, page 120, note
demeurent encore sous le titre : « Les constitutions du grand gouverneur Sancho Panza. »>
Cependant, la septième nuit de son gouvernement, l'avertissement du Duc se confirme. Les ennemis ont envahi l'île. Tiré de son lit et gratifié par dessus sa chemise de deux pavois, Tun par devant, l'autre par derrière, tenant en main une lance, Sancho doit cheminer à la tête de ses propres troupes. 11 s'embarrasse dans son harnachement et tombe. Puis c'est la mêlée brutale d'une lutte confuse dont Sancho est tout le pre mier surpris d'apprendre le résultat favorable.
Mais cette seule épreuve a suffi au pacifique Sancho. Sur-le champ il a pris une irrévocable détermination : il abdique. Suivi de la foule intriguée, il se dirige sans mot dire vers récurie. Il arrive près de son âne, l'embrasse, et les larmes aux yeux, lui met son bât; puis à grand'peine il se hisse sur le roussin, et annonce enfin aux assistants qu'il n'est pas né pour être gouverneur, et qu'il s'en va, qu'il veut retrouver sa chère et antique liberté. Tous sont dans la désolation, mais leurs prières instantes trouvent Sancho inflexible. On l'embrasse, il rend en pleurant les embrassades, puis il part, il disparaît.
Sur la route qu'il suit, Sancho rencontre six pèlerins avec leurs bourdons, de ces étrangers qui demandent l'aumône en chantant. Il est reconnu par l'un d'eux, qui n'est autre que son ancien voisin Ricote le Mauresque, expulsé d'Espagne avec tous ceux de sa race, sur l'ordre de Sa Majesté. Les pèlerins et Sancho vont s'asseoir sur l'herbe, et, tout en faisant un grossier mais abondant repas, Ricote, en pur castillan, raconte son histoire, véritable plaidoyer en faveur des Mauresques exilés d'Espagne.]