Saavedra est sans doute Cervantes lui-même
amère et dure, où meurent quinze mille chrétiens. Tous, comme moi, de là-bas, mains et genoux à terre, sanglotant, entourés de tourments inhumains, ô puissant Seigneur, te prient de tourner tes yeux de miséricorde, vers leurs yeux qui sans cesse pleurent. Et puisque la discorde qui si longtemps t'a oppressé et fatigué te laisse maintenant, et que la concorde s'est attachée à toi, fais en sorte, ô bon Roi, que par toi soit achevé ce qui fut commencé par ton père aimé avec tant d'audace et de courage. Rien que de te voir partir mettra l'épouvante au sein de la gent barbare, et je prédis d'avance leur perte et leur extermination. » Qui peut douter que le cœur royal ne s'attendrisse en écoutant le récit des souffrances continuelles de ces malheureux? Mais, hélas 1 comme apparaît la bassesse de mon esprit grossier qui ose parler de si bas devant une si haute Majesté! Mais l'occasion est telle qu'elle me sert d'excuse. Pourtant je veux sur tout faire silence, de peur que mon discours ne t'offusque. Au reste, je dois aller au travail où je meurs.
[Comme pour illustrer le discours qui précède, un prisonnier nommé Sébastien, en costume d'esclave, vient raconter le supplice des chrétiens captifs, en particulier d'un prêtre de Valence.
Au début de la deuxième journée, Izuf apprend à Aurelio qu'il vient d'acheter une esclave chrétienne dont il est éperdument amoureux. Mais l'esclave résiste à son amour et Izuf compte sur Aurelio pour la décider.
Cependant nous assistons à Tune de ces ventes d'esclaves chrétiens, à la touchante séparation d'une mère et de ses enfants. Puis Izuf présente sa conquête à Zara. Celle-ci restée seule avec l'esclave lui dit l'amour qu'elle éprouve pour Aurelio et l'espoir qu'elle fonde sur elle pour convaincre l'inflexible chrétien.... Or l'esclave n'est autre que Silvia, la chère amante d'Aurelio.... Elle feint, cependant, de ne pas le connaître, cache son trouble à sa maîtresse, et accepte d'intercéder auprès d'Aurelio.
Lequel, seul en scène, se livre à de mélancoliques réflexions qu'il exhale sous la forme d'un tendre éloge de l'âge d'or, pendant poétique de celui de Don Quichotte^. Après quoi, il
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sort, etizuf le remplace, Izuf appelé par le i\oi menacé d'une descente des Espagnols sur la côte algérienne, et qui nous apparaît partagé entre le sentiment du devoir et le désir amoureux.
Entre temps, Fatima conjure le Démon de gagner l'âme d'Aurelio. Satan lui conseille la patience : la Nécessité et VOccasion auront raison de la résistance du chrétien.
La troisième journée débute par une courte scène où deux esclaves nous entretiennent de leurs projets d'évasion. Et c'es ensuite l'entrevue d'Aurelio et de Silvia.]