‹ Œuvres choisiesChapitre 65 sur 138 · Interprétation de M. Amezúa y Mayo, op. cit · texte numérisé non relu

Interprétation de M. Amezúa y Mayo, op. cit

3. Rate, sur le Génil, dans la sierra de Priego (Andalousie).

4. La posada de la Solana, située à l'est de Valladolid, non loin de la Chancellerie, correspondait à Factuelle calle del Marqués del Duero,

5. Malgré les ordonnances de Madrid de 1586 et 1588 défendant aux femmes d'être voilées*

ce qui alluma davantage mon désir de la voir. Pour l'accroître sans doute encore, soit par calcul, soit par hasard, la dame sortit une blanche main ornée de fort belles bagues. J'étais alors des plus élégants, avec cette grande chaîne que vous avez dû me connaître, mon chapeau à plumes et cordon de soie, l'habit de couleurs 1 comme il est de droit pour un soldat, et d'une telle prestance aux yeux de ma folie que je me croyais irrésistible : aussi bien je la priai de se découvrir. A quoi elle me répondit : « Ne soyez pas importun, j'ai <( ma maison, ordonnez à un page de me suivre, car bien « queje sois plus honnête que ma réponse ne peut vous « le donner à croire, cependant afin de voir si votre « esprit répond à votre mise, je serai heureuse que vous « me voyiez plus à loisir ». Je lui baisai les mains pour la grande faveur qu'elle me faisait et en récompense de laquelle je lui promis des monts d'or. Le capitaine acheva sa conversation. Elles s'en furent. Un mien domestique les suivit. Le capitaine me dit que ce que lui voulait la dame était qu'il portât de sa part en Flandres quelques lettres à un autre capitaine qu'elle disait être son cousin, mais qui en réalité, à ce qu'il savait, n'était que son galant. Pour moi, je demeurai enflammé par les mains de neige que j'avais vues, et perdu d'amour pour ce visage que je désirais voir. Aussi, le lendemain, guidé par mon domestique, il me fut donné libre entrée. »

[Il trouve une jolie femme d'environ trente ans appelée Stéphanie, qui le reçoit aimablement. Notre amoureux se fait pressant, mais tout se borne à un échange de propos galants, ainsi que pendant les quatre autres visites que Gampuzano fait à sa dame. Mais enfin, mise en demeure, celle-ci avoue chercher un mari, et avoir une petite fortune avec infiniment de qualités. Gampuzano, séduit, propose sur-le-champ sa candidature. Elle est agréée. Le mariage se fait, et les époux s'installent

1. Depuis la fin du xvi® siècle, l'habit civil avait perdu les brillantes couleurs du temps de Gharles-Quint, et apparaissait uniformément noir. Le costume des militaires, seul, avait conservé la tradition. Voyez Amezùa y Mayo, op. cit.

dans la maison de la danne d'où les délogent, un beau matin, les véritables propriétaires.... Car Stéphanie, en réalité, n'a « ni maison, ni bien, ni autre vêtement que celui qu'elle porte », mais elle gardait ce logis en l'absence des maîtres dont elle avait su gagner la confiance. Gampuzano se roidit contre le désespoir et, pour se réconforter, va prier à Saint-Laurent. Au retour, il veut reprendre, ne serait-ce que la malle de ses bardes qu'il apporta en se mariant, mais il la trouve vide comme une tombe ouverte. Pour comble de malheur, à quelque temps de là, il se découvre l'alopécie qui le force à entrer à rhôpital. Il y oublie ses malheurs en entendant causer les deux chiens dont il est question dans la nouvelle suivante.]

Le Colloque des Chiens.

(Novela y coloquio que pasó entre Gipión y Berganza, perros del hospital de la Resurrección que está en la ciudad de Valladolid, fuera de la puerta del Campo, á quien comúnmente llaman los perros de Mahudes.)

[Deux chiens de garde à l'hôpital de la Résurrection de Valladolid dialoguent, entendus par l'alférez Gampuzano, pendant deux nuits consécutives : Berganza dans la première, et Scipion dans la seconde. Mais, en dépit de la promesse faite dans la nouvelle du Mariage qui trompe^ nous ne possédons pas la réponse de Scipion.

Berganza est né à Tabattoir de Séville.]

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