Ce propos n'est pas de Térence
3. Glemencin dit que « Gervahlès, en écrivant cela, pensait sans doute à soi-mênie, et parlait de soi ».
4. Ironie profonde de Cervantes, « soldat vieux et estropié que sa patrie assista et secourut comme tout le monde sait : en le laissant dans le pire dénûment »» (M. Rodriguez Marin).
leurs nègres dès qu'ils sont vieux et ne peuvent plus servir, de sorte que les chassant de chez eux avec le titre d'hommes libres, ils en font les esclaves de la faim, dont ils ne se pourront libérer que par la mort. Et pour l'instant, je ne veux pas vous en dire davantage, sinon que vous montiez en croupe sur mon cheval jusqu'à l'auberge où vous dînerez avec moi, et resterez jusqu'au lendemain matin où vous serez libre de poursuivre le chemin que Dieu vous accordera, je l'espère, aussi bon que le méritent vos nobles intentions. »
Le page n'accepta pas l'invitation à monter en croupe, mais ne refusa pas de dîner avec lui à l'auberge. On raconte qu'alors Sancho dit à part soi : « Est-ce mon maître qui parle? Est-il possible qu'un homme qui sait dire de telles choses, tant et si bien, ainsi qu'il vient de le faire, affirme avoir vu les invraisemblables extravagances qu'il raconte de la caverne de Montesinos? Après tout, on verra bien! »
Sur ces entrefaites, ils arrivèrent à l'auberge, à la tombée de la nuit, non sans plaisir de Sancho voyant que son maître la jugea pour une véritable auberge, et non pour un château, comme il avait coutume.
[Don Quichotte se rencontre à l'auberge avec un montreur de marionnettes, qui représente devant lui une scène des livres de chevalerie : le « retable de Mélisendre ». Don Quichotte s'exalte à la vue des personnages qui lui sont familiers, et, contemplant sur la scène le traître roi Marsile environné de Maures, sa folie le reprend : il se précipite, l'épée haute, et fait un affreux carnage des figurines du pauvre bateleur. Mais généreusement, une fois l'accès passé, il répare les dommages causés.
Le montreur de marionnettes n'est autre que Ginès de Pasamonte, l'un de ces galériens jadis délivrés par Don Quichotte, et qui a détourné les soupçons de la justice en se faisant bateleur. Il a donc reconnu Don Quichotte, qu'il a fort étonné, avant la tragique représentation, par les devinettes prétendues d'un singe aux gestes faciles.
Au sortir de l'auberge. Don Quichotte décide de voir les rives de TÈbre avant d'entrer à Saragosse. Il rencontre un escadron d'environ 200 hommes armés, qui représente un
village et qui attend Tarrivée d'un autre escadron représentant le village voisin avec lequel il a un diiTérend à régler. Don Quichotte s'interpose, tient aux villageois belliqueux un fort beau discours, mais qui, sur un geste malheureux de Sancho, se termine mal. Don Quichotte et son écuyer sont encore une fois roués de coups, et doivent s'enfuir au plus vite. Ils vont se reposer qui sous un orme, qui au pied d'un hêtre. Ils passent péniblement la nuit, et, à l'aube, se remettent en route vers l'Èbre qu'ils atteignent deux jours après. Une barque s'offre à leur vue, amarrée au tronc d'un arbre. Belle invitation d'enchanteur à Don Quichotte, qui s'embarque avec Sancho, coupe les amarres et se laisse aller à la dérive. Le courant les entraîne dans la direction d'un moulin à eau, et ils seraient broyés par la meule s'ils n'étaient secourus par les meuniers, au grand dépit de l'hidalgo qui s'apprêîail à délivrer les nobles captifs du « château » de ce moulin ... Redescendus sur terre, ils font la rencontre qui va décider du sort de Sancho Panza, et lui valoir enfin l'ilo lant désirée.]