‹ Œuvres choisies. Nouv. éd., accompagnée de notes et précédée d'une étude sur MassillonChapitre 29 sur 58 · M. de Fénclon, archevêque de Cambrai · texte numérisé non relu

M. de Fénclon, archevêque de Cambrai

2. Encore un accord à la façon des Latins, avec le dernier mot.

oKAisii.N iL.\i:i!iii: m: i.oi is i.i'; (iijA.ND. i'.h

(les |)i-t''l('\(('s s|)(''ci('ii\ (riiisnllcr at]\ aniK'cs du Dieu \l\aiitl Mais laissons une inalirrc dont le seul l't'cil ne peut ((iiallli^er les cnraiits de ri';;j;lis(' (|ni oui ({iicl(|ii(! amour pour cctlc nirrc conununc des lidéles : il suflit à mou sujet de dire (pic Louis \\\ ut l'icii taut à cji'uv (juc do voir la coucoidc cl l'uuiou ic^nici- parmi les pasteurs; la ft)i maintenue dans la pure(«'': les lidèles point partagés entre Paul. Apollon, ou (It'plias. mais uni(piement attachés à Jesus-dlnisl et à son l'église, et (pie c'étoit là constammcMil le but d ■ toutes ses démarches. Dieu ne lui a pas donné la consolation, avant de mourir, de voir finir nos ti'istes dissensions : mais a\eç cpielle douleur les \o\()it-il se perpétuer dans sou loyaume! Les malheurs de l'État le Irouvoient constant : les troubles de la religion flétrissoient son cœur, et ellaçoient l'augaste sérénité de son visage: et dans le lit même de sa douleur et de sa mort, comme un autre Théodose mourant, les maux de l'Église l'occupoient ])lus, le touchoient plus que les horreurs de la mort dont il étoit environné : Qui nnn juin corporc solrcniur . duh/Is de shilii Ecclcsidrunt quant de suis pcriculis iUKjcbutur (^S. A.Mr.R.. iii Orut. funcb. T/tcod.). Tout ce qui pouvoit avancer les intérêts de la religion devenoit un intérêt d'État pour lui. Avec quelle magniliceuce ou\roit-il son rtjyaume et ses trésors à un roi et k une reine ])ieuse qui, pour avoir \ouIu l'aire remonter la foi sur le trône de leurs ancêtres, en avoient été euxmêmes chassés!^ Une nation vaillante, mais aussi orageuse que la mer qui l'environne, et accoutumée à donner de semblables spectacles à l'Europe, s"ébranle, s'agite, se soulève et jette hors de son sein ces sacrés dépôts. Louis,

1. Le roi Jacques II et la reine sa femme, chassés d'Angleterre, et réfugiés en France.

i<j2 si:hm()NS di-; .massi i.lon.

seul (l(! Ions les soiin ci'aiiis , (|ii(' cet ()iilr;i<j;c iiihTcssoiL lous, court ;iii-(l('\;iiil (l'ciix, les cssiiu; du iiiiiilV.i^'c, ollre un asile à l;i religion et à la royauté lu}^iti\es, s'arme j)oiir \eiiger la majesté des rois et la sainteté de la lui, Ibulées aux pieds eu leurs perionues, attire sur ses États les lureurs d'une lii^iie redoulahle, el les (•alamil(''s d'une longue guerre (|ui u'a pensé linir qu'avec la nionaicliie; et s'il n'a pas en la gloire de leur rendre leui" couroime, il a eu le mérite d'e\[)oser la sienne.

Mais si son zèle })our la défense de la foi semblolt croître et se ranimer avec son grand âge, rappelez-\ous quels furent ses soins pour le rétablissement de la piété en ces jours de péché et de malice : Corroborarit jnetateni in dicbus pcccdloriun; et c'est l'exemple que doit le pasteur et le père de ses sujets.

Vous le savez, mes frères, la source de la régularité et de la pureté des mœurs publitjues est toujours dans le zèle et dans la sainteté des évè({ues, étal)lis pour être la forme du troupeau, pour le sanctifier et pour le conduire : aux soins et aux exemples des premiers pasteurs est presque toujours attaché le salut ou la perte des fidèles. Pénétré de cette vérité, quelles furent les attentions de Louis à choisir des ministres irrépj'éhensibles! quelles [)récautions ! quelle délicatesse de conscience I Les témoignages les plus sûrs , les plus publics, pouvoient à peme suffire pour le rassurer dans ses choix. Plus ellrayé que flatté de ce droit brillant attaché à sa couronne, il le regarda comme l'écueil des rois, et le fardeau le plus pénible et le plus dangereux de la royauté. Les brigues, la fa^eur, la chair et le sang n'étoient pas un droit auprès de lui pour posséder les places de FEglise, (jui est le rovaume de Jésus-Christ. Les services mêmes, la nais-

OKAISON l'INKIMM': I) !•; I.Ol'IS l.l-: (iliAM). I'J3

sauce, la loiiiiiic suilc d'aiici'ii es iir lui pai'oissoiciiL pas iiiK' Nocalidii siillisaiilL' au sacerdoce de Melcliisédecli , (jui n'avoil point de «2:éné;ilof^ie. Il étoil vivement persuadé (pie l'épiscopal ii'i'Moil pas une laNcnr lenipoi'elle . destinée à gratilier les l'imilles, mais un don («'jesle destin('' à honorer l'Eglise, en lui donnanl des iniiiisires capables d'honorer leur ministère; et l'exactitude de sa religion et de sou /èle là-dessus alla peut-èti-e (piehinefois |)ius loin même ([ue celle das règles.

II vouloit (pie la puissance de son règne ne servît (|u'à établii- le règne de Dieu sm* ses peuples. Quelle joie cpjand il voyoit quel(|u'un de sa cour revenir des égarements des passions, et mener une vie conforme à la sagesse et à la piété de la sienne ! c'étoit pour lui cojnme une nouvelle con(piéte ajoutée à ses anciennes victoires. La vertu n'étoit |)lus un titre de dérision à la cour; c'étoit elle qui remplissoitles ])remières places, elle qui étoit comblée d'honneurs, elle enfin qui frayoit l'accès au tnjne et à la confiance du souverain.

Jours fortunés ! vous deviez ramener ])armi nous le règne de la piété et de l'innocence; et cependant jamais la malice n'a plus abondé ; et les faveurs royales, accordées à la vertu , n'en ont peut-être rendu que les apparences estimables. Siècle pervers ! tout coopère donc à ta perte ! Si le prince oublie Dieu , il affermit et perpétue les vices; s'il favorise les justes , il multiplie les hypocrites.

Mais enfin Louis contraignit les œuvres de ténèbres à se cacher, et à ne plus insulter à la lumière; le désordre ne fut plus un bon air; et s'il n'en arrêta pas le cours, il en ôta du moins l'ostentation et le scandale.

La licence d'un théâtre étranger, où, à la honte des mœurs publiques et de la politesse de la nation, les plus

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