Mort du duc de Berry, oncle du roi Louis XV
4. Benouard imprime : <( Dieu souffle sa nombreuse postérité. »
ISH S l'.iniON s Dl". MASS I I.I.OX.
ticiiscs (le l'li(''i(''si(' cliassi't' du iu\aiiiii(;, (jui oui si loii^^lemps i-clcnti dans toute ri'jiropc ; et les clameurs des faux proplirlcs dispcrsfVs , qui souuoicul parloiil, à l'excuiple de leurs pères, le signal de la guerre et d(; la vengeance contre Louis, ont fait avant nous l'éloge de son zèle.
Spécieuse raison d'Etat, en vain vous opposâtes à Louis les vues timides de la sagesse humaine : le corj)s de la monarclile aflbibli j)ar l'évasion de tant de citoyens; 1(! cours du commerce ralenti, on parla privation de leur industrie, ou par le transport furtif de leurs richesses; les nations voisines, protectrices de l'hérésie , prêtes à s'armei* pour la défendre. Les périls fortifient son zèle: l'œuvre de Dieu ne craint point les hommes; il croit même affermir son trône en renversant celui de l'erreur; les tem[)les profanes sont détruits , les chaires de séduction abattues , les ]M"ophètes de mensonge arrachés des troupeaux cpi'ils séduisoient, les assemblées étrangères réunies à l'assemblée des fidèles. Le mur de sé])aration est ôté ; nos frères viennent retrouver au ])ied de nos autels, avec les tombeaux de leui's ancêtres, les titres domestiques de la foi dont ils avoient dégénéré; le temps, la grâce, l'instruction achèvent peu à peu un changement dont la force n'obtient jamais que les apparences; et l'erreur, qui née en France sembloit y avoir jeté des racines éternelles; et cette zizanie, qui tant de fois avoit pensé étouffer parmi nous le bon grain; et l'hérésie, depuis si longtemps redoutable au trône, par la force de ses places, par la foiblesse des règnes précédents forcés à la tolérer, par un déluge de sang françois qu'elle avoit fait verser, par le nombre de ses partisans et par la science orgueilleuse de ses docteurs, par l'aj^pui de tant de nations et même par l'ancien souvenir et l'injuslicf» de cette journée sanglante qui devroit
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être ellacée de nos annales, (|uc la [)iété et r]iuiiiaiiil.é désavoueront tonjoin-s, el (iiii, en \uulant l'écraser sous un de nos derniers rois, ranima sa l'orce et sa fureur, et fit, si je l'ose dire, de son sang la semence de Ji()ii\caij\ disciples : l'hérésie, à Fahi-i di' tant de remparts, tombe au premier coup que Louis lui porte, disparoit, et est réduite ou à se cacher dans les ténèbres d'où elle étoit sortie , ou à passer les mers, et à porter avec ses faux dieux sa rage et son amertume dans les contrées étrangères.
Heureuse si la soumission eût précédé les châtiments ; si, au lieu de céder à l'autorité, elle n'eût cédé ([ua la véiùté ; et si ses sectateurs, contents la [)liipart d"()J)éir en apparence au souverain, n'eussent tiré d'autre avantage du zèle de Louis que de laisser à leurs enfants et à leurs neveux le bonheur d'obéir aujourd'hui à l'Église! Mais enfin la France, à la gloire éternelle de Louis, est purgée de ce scandale ; la contagion ne se perpétue plus dans les familles; il n'y a plus parmi nous qu'un bercail et un pasteur ; et si la crainte lit alors des hypocrites, l'instruction a fait depuis , de ceux qui sont venus après eux , de véritables fidèles.
Aussi sous quelque couleur que l'erreur cherchât à reparoître, elle réveilloit également le zèle et la piété de Louis. Vaines idées de perfection, qui, sous prétexte d'élever l'homme jusqu'à Dieu, le laissiez tout entier à luimême, et lui faisiez de la pureté sublime de sa vertu la sûreté de son libertinage! nouveau système d'oraison, si inconnu à la simplicité de la foi, et qui mettiez l'acquiescement oiseux et le fanatisme de vos prières à la place des devoirs et des violences de l'Évangile ! doctrine impie et ridicule, qui cherchiez à persuader en secret que la prière, qui seule nous obtient la grâce de surmonter les tentations,
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nous (loiiiic cllc-iiiriiic le droit d'y succoiiilxT s;ins criiiK; ! Louis cul lioi leur de vos blasphèmes; il arma le /rN; de l'Église contrcî lt!s pièges mystéricuv que vous tendiez à la piété; et le grand évèque' qui, [)our démêler vos illusions, s'en étoit ])resque laissé éblouir, plus séduit par son amour pour la prière; ({ue par les fausses maximes ({ui en abusoient, se joignit à la voix uiianinu! des pasteui's contre lui-même, laissa un exemple à réj)iscopat qui sauveroit à l'Eglise bien des scandales s'il étoit imité, et changea, par la candeur et la promptitude de sa soumission , les éclairs et les foudi'es de l'Eglise, qui le menaçoient, en une pluie abondante de grâces et de bénédictions pour lui : Fiilgiira iii pliiridui fecil (Ps, cxxxiv, 7).
Mais l'homme ennemi veille toujours pour semer des scandales dans le champ du Seigneur. La vérité a triomphé de l'hérésie et du fanatisme, mais la paix que nous attendions n'est point encore venue : E.rspcctacirnus paccm , et non cnit bo)mm (JkkI'M., virr, lô). Les mystères de la grâce, où l'orgueil de l'esprit humain a si souvent échoué, échauffent de nouveau les esprits; les pasteurs de l'Église, ([ui toujours unis entre eux ne devroient jamais prendre les armes que contre les ennemis du dehors, se divisent, comme s'ils avoient des intérêts et des espérances différentes;- les esprits s'aigrissent, les disputes s'animent; ce n'est ()artout que trouble et que confusion. Grand Dieu ! à quoi aboutiront ces dissensions funestes? Un siècle entier de contestations ne devroit-il pas en avoir enfin ralenti la fureur? Les troupes des Philistins nous environnent; au lieu de nous réunir pour repousser les infidèles, c'est nous-mêmes qui leur fournissons