JOAN., VU
La source de tous les désordres qui régnent parmi les hommes, c'est l'usage injuste du temps. Les uns passent toute la vie dans l'oisiveté et dans la paresse , inutiles à la patrie, à leurs citoyens,' à eux-mêmes; les autres, dans le tumulte des affaires et des occupations humaines. Les uns ne semblent être sur la terre que pour y jouir d'un indigne repos, et se déi'ober par la diversité des plaisirs à l'ennui qui les suit partout, à mesure qu'ils le fuient ; les autres n'y sont que pour chercher sans cesse dans les soins d'ici-bas des agitations qui les dérobent à eux-mêmes. Il semble que le temps soit un ennemi commun contre lequel tous les hommes sont convenus à^ conjurer; toute leur vie n'est qu'une attention déplorable à s'en défaire; les plus heureux sont ceux qui réussissent le mieux à ne pas sentir le poids de sa durée ; et ce qu'on