Une telle construction est louche et désagréable
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l;i s;ii;-(NS(' <lc l;i iTli^ioii Ionien les |)r(''C;m lions qu'elle nous (ill're |)(»iii' ne pas lonihei' iii()|)in(''nienl dans ce j^ouilriî, \()iis \()us l)aii(le/ \()iis-inènie les yeux poni' ne le pas Noir; vous vous j'aitcs des tlivcrsious réjcjuissanles pour on ellacer l'idée de votre esprit, et, scnil)lable à ces victimes inlditunées du paganisme, vous courez au bûcher les yeux bandés, couronné de Heurs, eii\ Ironné de danses et de cris de joie, [)oiu' ne pas penser au terme fatal où cet a[)[)areil \ons conduit, et de ])eur de voii- l'autel, c'està-dii'e, le lit de la mort, où \ons alU,'/ à l'instant être immolé.
De plus, si, en éloignant cette pensée, vous pouviez aussi éloigner la mort, vos frayeurs auroient du moins une excuse. Mais, pensez-y, ou n'y pensez pas, la mort avance toujours; chaque elfort que vous faites pour en éloigner le souvenir vous rappi'oche d'elle, et à l'heure mar([uée elle arrivera. Qu'avancez-vous' donc en détournant \otre esprit de cette pensée? Diminuez-vous le danger? vous l'augmentez ; vous vous rendez la surprise inévitable. Adoucissez-vous l'horreur de ce spectacle en vous le dérobant? ah! vous lui laissez tout ce qu'il a de plus terrible I Si vous vous rendiez la pensée de la mort plus familière, votre esprit foible et timide s'y accoutumeroit insensiblement ; vous pourriez peu à peu y fixer vos regards et l'envisager sans trouble, ou du moins avec résignation, au lit de la mort : elle ne seroit plus pour vous un spectacle nouveau. Un danger prévu de loin n'a rien qui étonne : la mort n'est formidable que la première fois qu'on en rappelle le souvenir, et elle n'est à craindre que lorsqu'elle est imprévue.
1. Négligence grave, avance étant employé dans un sens tout différent à la phrase précédente. Il eût été facile de dire ici : Que uaynez-voits donc?
38 Si;iiM().N> \)l. M . \SS I I.LON.
Mills (railleurs, (jnaiid celle pensée vous Iroiihleroil, leroil siii-\ous des impressions do l'raycnr et de tristesse, on soroit rincon\ ('nient? N'ôtes-vons sur la terre (pie poni' y vivre dans un calnio indolent et ne vous y occuper ([ne d'images douces et riant(;s? On en perdroit la laison, dites-vous, si l'on y pensoit tout de bon. On en perdroit la laison? mais tant d'àmes fidèles rpil mêlent cette i)ensée à toutes leurs actions, et qui font du souvenir de cette dernière heure le l'reln de leurs passions et le plus puissant motif de leur fidélité; mais tant d'illustres pénitents (\m s'enfermolent tout vivants dans des tombeaux pour ne pas perdre de vue l'image de la mort ; mais les saints ([ui )nouroient tous les jours, comme l'Apôtre, pour ne [)as mourir éternellement, en ont -ils perdu la raison? Vous en peidriez la raison? c'est-à-dire, vous regarderiez le monde comme un exil, les plaisirs comme une ivresse, le péché comme le plus grand des malheurs; les places, les honneurs, la faveur, la fortune connue des songes; le salut conujie la gi'ande et unique afiaire. Est-ce là perdre la raison? Heureuse Jolie! et que n'ètes-vous dès aujourd'hui du nombre de ces sages insensés! Vous en perdriez la raison? oui, cette raison fausse, mondaine, orgueilleuse, charnelle, insensée, qui vous séduit; oui, cette raison corrompue, qui obscurcit la loi, qui autorise les passions, qui nous fait préférer le temps à l'éternité, prendre l'ombre pour la vérité, et qui égare tous les hommes; oui, cette raison déplorable, cette vaine philosophie, qui regarde comme une foiblesse de craindre un avenir, et qui, parce qu'elle le craint trop, fait semblant ou s'efi'orce de ne pas le croire. Mais cette raison sage, éclairée, modérée, chrétienne; mais cette prudence du serpent, si recommandée dans l'Evangile, c'est dans ce souvenir que vous
-l l; LA M ni! T. V.)
la li()ii\('i-i('Z : mais ccltt' sa!j;('ss(' pri'lV'iahlc . d'il rii^piit- Saiiil , à Ions les trt'sors cl à tons les lioiiticiiis di- la terre; cette sagesse si iioiioi-able à riioinme, et (jni l'clève si JKuit au-dessus de lui-niènie , cette sagesse qui a l'oruié tant de héros chrétiens, c'est l'image toujours présente de \otiv dernière lienre (|ni en end)ellira votre âme. Mais cette pensée, ajoutez-vous, si l'on s'étoit mis en tète de l'approfondir et de s'en occuper sans cesse, seroit capable de l'aire tout quitter et de jeter dans des résolutions \ioleutes et extrêmes : c'est-à-dii"e , de vous détacher du monde, de vos vices, de vos passions, de l'infamie de vos désordres, pour vous faire mener une vie chaste, réglée, chrétienne, seule digne de la raison ; voilà ce que le monde appelle des résolutions violentes et exti'èmes. Mais de plus, sous prétexte d'éviter de prétendus excès, vous ne prendriez pas même les résolutior>s les plus nécessaires? Commencez toujours : les premiers transports se ralentissent bientôt, et il est bien plus aisé de modérer les excès de piété, que de ranimer sa langueur et sa paresse. Mais d'ailleurs, ne craignez rien de la ferveur excessive et des emportements de votre zèle; vous n'irez jamais trop loin de ce côté-là. Un cœur indolent, sensuel connne le vôti'e, nourri dans les plaisirs et dans la paresse, sans goût pour tout ce qui regarde le service de Dieu , ne nous promet pas de grandes indiscrétions dans les démarches d'une vie chrétienne : vous ne vous connoissez pas vous-même ; vous n'avez pas éprouvé quels obstacles toutes vos inclinations vont mettre aux pi'atiques les plus communes de la piété. Prenez seulement des mesures contre la tiédeur et le découragement : voilà le seul écueil que vous avez à craindre. Vous vous rappelez l'histoire de Pierre, ([ui se (it oi'donner de remetti-e le
in SI'] KM ON. s Itl' M AS SI M, ()\.
lïlaivc, comiiic si son /clc cùl du k; iiiciici" lio|) loin, cL qui, au sortir (1(! là, vint échouei' contre la voix d'une simple femme, et trouva dans sa lâelieir la tentation qu'il ne sembloit craindre que de sa ferveur et de son courage. Quelle illusion! de peur d'en faire trop poiu- Dieu, on ne fait rien du tout; la crainte de donner trop d'attention à son salut nous em])èclie d'y travailler, et l'on se perd de peur de se sauver trop sûrement; on craint les excès chimériques de la piété, et on ne craint point l'éloignement et le mépris réel de la piété elle-même. La crainte d'en trop faire pour votre fortune et pour votre élévation et de la pousser trop loin vous arrête -t- elle? refroidit-elle la vivacité de vos démarches et de votre ambition? n'est-ce pas cette espérance elle-même qui les soutient et qui les anime? Rien n'est de trop pour le monde , et tout est excès pour Dieu ; on craint et on se reproche de n'en faire pas assez pour une fortune de boue, et on s'arrête de peur d'en faire tro]) pour la fortune de son éternité.
Mais je vais plus loin , et je dis que c'est à vous une ingi'atitude criminelle envers Dieu d'éloigner la pensée de la mort, seulement parce qu'elle vous trouble et vous alarme ; car cette imju'ession de crainte et de terreur est une grâce singulière dont Dieu vous favorise. Hélas! combien est-il d'impies qui la méprisent, qui se font un mérite affreux de la voir approcher avec fermeté, et qui la regardent comme l'anéantissement entier de leur être ! Combien de sages et de philosophes dans le christianisme qui, sans renoncer à la foi, bornent toutes leurs réflexions, toute la supériorité de leurs lumières, à la voir arriver tranquillement; et ne raisonnent toute leur vie que pour se préparer, en ce dernier moment, à une constance et
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à une Sirivnlli'' d'cspi-ii aussi pui'iilc (|in' 1rs (VaNciirs les |tlus Militaires, cl (|ni csl Tiisa^c le plus iiiseiisr (|u"();i puisse laire de la raison incnic 1 (!ouil)icu de ces Ikiuuucs rollL'Mieul amoureux (k* la \al('iu" eL de la «gloire ([ui, au milieu des comhals , \ oui au dauber comme à un spectacle, sans remoi'ds, sans iu(piiétu(le , sans réilexion siu' les suites de leiu' destinée (cette téméi'ité, la valeui- de la nation la rend encore [)lus familière |)armi nous ijui; partout ailleurs; et Je parle devant une cour où ceux (pii la composent sont en possession d'eu donner l'excuiple aux autres)! Combien de |)éclieurs dans la tran([uiHil(' des villes et dans l'oisiveté d'une \ie |)rivée, livrés à l'endurcissement et à un sens jéj)rouvé, ne sont |)lus touchés de c^>tte image! (londVieii d'autres eidin, ([ui, j)ar les suites d"un caractère trop \i[\ trop l'riNole, trop léger, et peu propre aux réilexions tristes et sérieuses, passent toute leui- vie sans avoir pensé une fois seulement cju'ils dévoient mourir ! C'est donc une giâce signalée que Dieu vous lait de donner à cette pensée tant de force et d'ascendant sui' votre âme; c'est donc vraisemblablement la voie par laquelle il veut vous ramener à lui : si vous sortez jamais de vos égarements, vous n'en sortirez que par là; votre salut paroît attaché à ce remède. Que faitesvous donc en éloignant cette pensée, parce qu'elle vous jette dans des frayeurs salutaires? vous vous pi-ivez du seul secours qui peut vous faciliter votre retour à Dieu : vous rendez inutile une grâce qui vous est pi'opre; vous savez pour ainsi dire mauvais gré h Dieu de \ous eu avoir favorisé, et vous vous reprochez à vous-même d'y être trop sensible. Tremblez, mon cher auditeur, que votre cœur ne se rassure contre ces frayeurs salutaires; que vous ne voyiez d'un œil tran(|uill(^ les spectacles les
t-i si;i{M(>\s ni': massi i,i.(i\.
plus liipjiibros: 'juc Dieu iic relire de xoiis ce innyeri de smIiiI , et (]u"\\ ne \()iis eiidni'cisse contre toutes ces terreiii's de religion. 1 ii bienfait non-seulement nicprisé, mais rej^ardé même connue ime peine, est l)ientôt sni\i de l'indit^uation, ou du moins de l'indifTérence du bienlaitcur. Alors l'image de la mort vous laissera toute votre tranquillité; vous counez à nu plaisir au sortir d'une pompe lugubre: \ons verrez des mêmes yeux, on un cadavre liidcux, ou l'objet criminel de votre passion ; alors vous en viendrez niêuK; jusffu'à vous savoir bon gré de vous être mis au-dessus de ces craintes vulgaires, jns(|u';i vous ap|)landir d'un cbangement si terrible ])ouivotre salut. Mettez donc à profit, i)our le règlement de vos mœurs, cette sensibilité, tandis que Dieu vous la laisse encore ; rappi'ochez de vous tous les objets propi'es à retracer en vous cette image, taudis ([u'elle peut encore troubler la fausse paix de vos passions; venez quelquefois, sur les tombeaux de vos ancêtres , méditer en présence de leurs cendres sur la vanité des choses d'ici-bas; venez les interroger quelquefois sur ce qui leur reste, dans le séjour ténébreux de la mort, de leurs plaisirs, de leur dignité' et de leur gloire; venez vous-même ouvrir ces tristes demeures, et de tout ce qu'ils ont été autrefois aux yeux des hommes, voyez ce qu'ils sont maintenant : des spectres dont vous ne pouvez soutenir la présence, des amas de vers et de pourriture ; voilà ce qu'ils sont aux yeux des hommes; mais que sont-ils devant Dieu? Descendez vous-même en esprit dans ces lieux d'horreur et d'infection, et choisissez y d'avance votre place; représentez-vous vous-même dans cette dernière heure, étendu
1. Diijnilé l'sl employé ici d'une manière al)solue pour dire état élevé. Leurs dignilés, comme écrit Tédition Didot, présente une autre idée.
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sur le lil (le \(ili'(' (Idiilciir, ;iii\ prises ;i\('c l.i iimil; vos iiifinhrcs ciinoiiidis cl (h'jà saisis d'iiii froid iiioild; votre lail^iit' (|('jà lice (les cliaîiirs de la iiiorl,; vos yi'nx fi\(;s, iiiiiiiohili's, coiiMi-ls d'un iiiiai;(' conl'iis dcNaiil qui loiiL commciK't' à disparoitrc ; nos proches et nos amis uiiloiir (le NOUS, laisaut des xanix iiuitiies pour Notre santé, redoublant Notre IVayeiu' et nos regrets |)ar la tendresse de leurs sou[)irs et l'ahondauce de leurs larmes: le ministre; du Seigneur à nos côtés, le signe <\\i salut (alors votre seule ressource) (Mitre ses mains, des pai'oles de loi, de miséricorde et de confiance à la bouche. lîa])prochez ce S])ectacle si instructif, si intéi'essant : Nous-miMne alors dans les tristes agitations de ce dernier cond)at, ne donnant plus de marques de \'nj que dans les convulsions rpji annoncent votre mort; tout le monde anéanti pour vous; dc'pouillé j)our toujours de vos dignités et de vos titres; accompagné de vos seules onivres, et près de paroître devant Dieu. Ce n'est pas ici mie prédiction, c'est l'histoire de tous ceux qui meurent chaque jour à vos yeux, et c'est d'avance la vôtre. Rappelez ce moment terrible : vous y viendrez, et le jour peut-être n'est pas loin, et peutêtre y touchez-vous déjà. Mais enfin, vous y viendrez; et quelque loin qu'il puisse être , ce sera demain , et vous y arriverez en un instant; et la seule consolation que vous aurez alors sera d'avoir fait de toute Notre vie l'étude, la ressource et la préparation de n otre mort.
Enfin, et c'est ma dernière raison, remontez k la source de ces frayeurs excessives qui vous rendent l'image et la pensée de la mort si terrible, vous la trouverez sans doute dans les end^arras d'une conscience criminelle : ce n'est pas la mort que vous craignez, c'est la justice (le Dieu qui vous attend au delà, poui- punir les
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inndi'-litrs et les (h'sordres de voliH! vie; c'est que vous u'èles pas en élal de vous présenter devant lui, tout couvert des plaies les plus honteuses, qui défip;ui'(;nt eu vous son image ; et (|U(! mourir pour nous dans la situation où vous êtes, ce seroit périr pour toute la durée des siècles. Purifiez donc votre conscieu('e ; finissez et expiez vos passions ci-imiuelles; rappelez Dieu dans votre cœur; u'oll'rez })lus rien à ses yeux digne de sa colère et de ses châtiments: mettez-vous en état d'espéi'er (pielque chose de ses miséricordes infinies après la inort, alors vous veiTez approcher ce dernier moment avec moins de crainte et de saisissement; et le sacrifice que vous aurez déjà lait à Dieu du nionde et de vos passions, non-seulement vous facilitera, mais vous rendra même doux et consolant le sacrifice que vous lui ferez alors de votre vie.
Car dites-moi , mes frères, qu'a la mort de si effrayant pour une âme fidèle? de (pioi la sépare- t-elle? d'un monde qui périra, et qui est la patrie des réprouvés; de ses richesses qui l'embarrassent, dont l'usage est environné de périls, et qu'il lui étoit défendu de faire servir à la félicité de ses sens; de ses proches, de ses amis, (pi'elle ne fait ({iie devancer, et qui vont bientôt la suivre; de son corps, qui avoit été jusque-là, ou l'écueil de son innocence, ou l'obstacle perpétuel de ses saints désirs; de ses maîtres et de ses sujets, dont les premiers exigeoient souvent d'elle des complaisances criminelles, et les autres la rendoient responsable de leurs infidélités et de leurs crimes; de ses places et de ses dignités, qui, en multipliant ses devoirs, augmentoient ses périls; enfin de la vie, qui n'étoit pour elle qu'un exil et un désir d'en être délivrée. Que lui rend la mort poui* ce qu'elle lui ôte? elle lui rend des biens immuables, et fjue per-
sri; i,A MoiîT. .v.\
soiiiic in' |)Oiin"a plus lui raxir; des |)l;ii.sir.s ('Icnicls , (;l (|u't'l!(' i^orilcra sans crainti' vl sans aiiiertuiiu'; la [)0sscssioii (le Dieu luèinc, assiiiVM' et paisiliic, et dont eJle ne pourra plus (K'clioir; la (Iclixrance de lotîtes ses |)assions, ([ui a\oient étr poui' elle une source coMlinuelle d'iu'prM'ludes et de [leines; une paix inaltéi'able, ({u'elle n'a\()it jamais pu ti'ouver dans le monde; la dissolution de tous les liens (pii rattaelioieiit à la terre, et (jui l'y retenoieni connne eapti\e; enlin la société des justes et des bienheureux, [)our celle des hommes j)écheurs dont elle se sépare. Et qu'y a-t-il donc de si doux dans celte vie, ô mon Dieu, pour une àme lidèle, qui puisse l'y attacher? c'est pour elle une vallée de larmes, où les périls sont inlinis, les combats journaliers, les victoires rares, les chutes inévitables; où les violences doivent être continuelles; où il faut tout refuser à ses sens; où tout nous tente, et tout nous est interdit; où ce qui plaît le plus est ce qu'il faut le plus fuir et ci'aindre; en un mot, où, si vous ne soulfrez, si vous ne pleurez, si vous ne résistez jusqu'au sang, si vous ne combattez sans cesse, si vous ne vous haïssez vous-même, vous êtes perdu. Que trouvez-vous là de si aimable, de si attirant, de si capable d'attacher une âme chrétienne? et mourir, n'est-ce pas un triomphe et un gain pour elle ?
Aussi, mes frères, la mort est le seul point de vue et la seule consolation qui soutient la lidélité des justes. Gémissent-ils dans l'aiïliction? ils savent que leur fin est proche; que les tribulations courtes et passagères de cette vie seront suivies d'un poids de gloire éteriielle; et dans cette pensée ils trouvent une source inépuisable de patience, de fermeté, d'allégresse. Sentent-ils la loi des membres s'élever contre la loi de l'esprit, et exciter en
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eux ("Cs iiioiiMMiK'iils (laii^crciix (|ui poiiciii riniiocencc jiis(|ii(' suf lu l)Oi'(l <lii |)i'éci|)icL'? ils n'ignorent pas qu'après la dissolution du corps terrestre, on le leur rendra céleste et spirituel; et qu'alors délivrés de toutes ces misères, ils seront semblables aux anges du ciel; et ce souvenir l(!s soutient et les fortifie. Sont-ils accablés sous la pesanteur du joug de Jésus-Christ? et leur foi plus foible est-elle sur le point de se ralentir, ou de succomber sous le poids des devoirs austères de l'Evangile? ah I le jour du Seigneur n'est pas loin ; ils touchent à la bienheureuse récompense; et la lin de leur course, qu'ils voient déjà, les anime, et leur fait reprendre de nouvelles forces. Ecoutez comme l'Apôtre consoloit autrefois les premiers fidèles : Mes frères, leur disoit-il, le temps est court; le jour approche; le Seigneur est à la porte, et il ne tardera pas : réjouissez-vous donc; je vous le dis encore, réjouissez-vous. C'étoit là toute la consolation de ces hommes persécutés, outragés, proscrits, foulés aux pieds, regardés comme les balayures du monde, l'opprobre des juifs, et la risée des gentils. Ils savoient que la mort alloit essuyer leurs larmes; qu'alors il n'y auroit plus pour eux, ni deuil, ni donleur, ni soulfrance; que tout y seroit nouveau ; et cette pensée adoucissoit toutes leurs peines. Ah ! qui eût dit à ces généreux confesseurs de la foi que le Seigneur ne leur feroit pas goûter la mort, et qu'il les laisseroit vivre éternellement sur la terre , eût ébranlé leur foi , tenté leur constance ; et , en leur ôtant cette espérance , on leur eût ôté toute leur consolation.
Vous n'en êtes pas sans doute surpris, mes frères; parce que pour des hommes aflligés et malheureux , comme ils étoient, la mort devoit paroître une ressource. Yous vous trompez ; ah ! ce n' étoient pas leurs persécu-
SI li I.A M OUI. \:
lions vl leurs soiiIVraiici's (jui laisoifnl leur iM.ilhciir cl leur li'istcssc ; (•"('loit l.ï leur Joie , Iciii- coiisolulioii , leur i;l()iri' : nous nous ixl">''iln»ns dans les (rihulalions, disoii'ul-ils : (ili)riinmii- lit Irihiiltilionibiis (Iîom., v, ,'U ; c'c'loil l'éloi^iicnu'ul, où ils \i\ oient encore de Jésus- C-lirisl; céloit là la source de leuis larmes, et tout ce qui leur rendoil la nioit si désirable. Tandis que nous sonuiies dans le corps , disoit TApoIre , nous sommes éloignés du Seig-neiu': el cet éloignement étoit n\\ état triste et \iolent pour ces hommes lidèles : toute la j)iété consiste à souhaiter notre l'éunion avec Jésus-dhrist noti-e chel', à soupirei' api'ès l'heureux moment qfii nous incorporera avec tous les élus dans ce coi-ps m\stiqtie (pii se forme, depuis la naissance du monde, de toute langue, de toute tribu, de toute nation; (jiii est la lin de tous les desseins de Dieu, et qui doit le gloriher a\ec Jésus- Christ dans tous les siècles. Nous sommes ici-bas comme des branches séparées de leur cep ; comme des ruisseaux éloignés de leur source ; comme des étrangers errants loin de leur patrie; comme des captifs enchaînés dans une prison, qui attendent leur délivrance; comme des enfants bannis pour quelque temps de l'héritage et de la maison paternelle ; en un mot , comme des membres séj)arés de leur corps. Depuis que Jésus-Christ notre chef est monté au ciel, ce n'est plus ici le lieu de notre demeure ; nous attendons la bienheureuse espérance, et l'avènement du Seigneur; ce désir lait toute notre piété et notre consolation; et ne pas désirer cet heureux moment pour un chrétien, et le craindre, et le regarder même comme le plus grand des malheurs, c'est dire anathème à Jésus- Christ; c'est ne vouloir avoir aucune part avec lui ; c'est renoncer aux promesses de la foi et au titre glorieux de
is s i: i; MON s ni': .m.\s> i i.i.oN.
citoyen du ciel : cCsl cluM'clicr iiolic hoiiliciir sur la terre, iloiilci' (riiii a\euir, i-('j:,ar(lcr la lelijjjioii (•oiiiine un songe, et cfoire (|ne tout doit linii- avec rions.
Non, nii's IVères, la nioil n'a rien (|ne de doux et de désirable ])our une ànie juste : arrivée à cet heureux moment, elle voit sans regret périi- un monde ([ni ne lui avoit jamais paru qu'un amas de fumée, et qu'elle n'avoit jamais aimé ; ses yeux se feiMnent avec plaisir à tous ces vains spectacles qu'oll're la terre , qu'elle avoit toujours regardés comme une décoration d'un moment, et dont elle n'avoit ])as laissé de craindre les dangereuses illusions; elle sent sans in(piiétude, que dis-je? av(!C [)laisir, ce corps mortel qui avoit été la matière de toutes ses tentations, et la source fatale de toutes ses foiblesses, se revêtir de l'immortalité; elle ne regi-ette rien sur la terre , où elle ne laisse rien , et d'oîi son cœur s'envole comme son âme; elle ne se plaint pas même d'être enlevée au milieu de sa course , et de finir ses jours en un âge encore florissant; au contraire, elle remercie son Libérateur d'avoir abrégé ses peines avec ses années , de n'avoir exigé d'elle ({ue la moitié de sa dette pour le prix de son éternité , et d'avoir consommé dans peu son sacrifice , de peur qu'un plus long séjour dans un monde corrompu ne pervertît son cœur. Ses violences, ses austérités, qui avoient tant coûté à la foiblesse de sa chair, font alors la plus douce de ses pensées : elle voit que tout s'évanouit, hors ce qu'elle a fait pour Dieu; que tout l'abandonne, ses biens, ses proches, ses amis, ses dignités, hormis ses œuvres, et elle est transportée de joie de n'avoir pas mis sa confiance dans la faveur des })rinces, dans les enfants des hommes , dans les vaines espérances de la fortune, dans tout ce qui \a périr; mais dans le
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Seigneur loiit seul, qui (Iciiieiiie éteniellenient, et dans le sein (lii(|iicl t'Ilc \;i li'omci- la paiv et la l'élicitc (jiie les créatures ne doininil point. Ainsi, tran(|uille sur le passé, niéprisaiil K; [)i'és('iit, trans[)()rtée de touclicr ciilin à cet avenir, le seul objet de ses désirs; voyant déjà le sein d' Ahiahan» ouvert [)our la recevoir, et le Fils de riionune assis à la dioite du Père, tenant en ses mains la couronne (rinuuorlalité, elle s'endort dans le Seigneur; elle est porléc par les esprits bienlicuiciiv dans la demeure des saints, et s'en retourne dans le lieu d'où elle étoit sortie. Puissiez-vous , mes frères, voir ainsi terminer votre course! c'est ce que je vous souhaite.
Ainsi soit-il.
SERMON