‹ Œuvres choisies. Précédées d'un essai sur sa doctrine (volume 2)Chapitre 129 sur 131 · AU ROI · texte numérisé non relu

AU ROI

Sire,

Une grande découverte dans la direction des sciences morales et politiques vient d'être faite.

Cette découverte n'est pas moins importante pour nos connaissances en organisation sociale que celle de la gravitation universelle pour nos idées sur le système du monde.

Cette découverte donnera à Votre Majesté le moyen de rétablir le calme et la tranquillité , en organisant la nation d'une manière proportionnée à l'état de ses lumières.

Cette découverte enfin est sommairement exposée dans cet écrit, qui est le résultat de quarante années de recherches laborieuses.

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Ce n'est point un sentiment d'amour-propre qui me pousse à parler de l'importance de mes travaux , c'est la satisfaction que j'éprouve d'avoir trouvé le moyen de terminer la crise actuelle : c'est aussi le vif désir que je ressens de fixer l'attention de Votre Majesté sur ce que je vais dire, dans la persuasion où je suis que cela sera très utile à son peuple.

Je mettrai d'abord en comparaison l'ancien système d'organisation sociale avec celui que je propose; je parlerai ensuite séparément, d'abord du système que je produis, et après, de la conception qui, jusqu'à ce jour, a servi de base à l'organisation sociale.

Je terminerai cet écrit par une conclusion, dans laquelle je dirai très clairement ce qui doit être fait pour rétablir la tranquillité en France et dans toute l'Europe.

L'hommage d'une grande découverte scientifique est le plus flatteur qu'un roi puisse recevoir, tel est celui que je prends la liberté d'offrir à Votre Majesté.

Dans un premier écrit, ayant pour titre : Des Bourbons et des Stuarts, j'ai appelé l'attention de Votre Majesté sur les dangers qui la menacent; dans celui-ci, j'expose clairement le moyen de faire cesser les périls qui entourent la famille royale. Ma conduite est celle d'un bon Français et d'un loyal sujet; toute poursuite qui serait dirigée contre moi par MM. les procureurs du Roi serait déshonorante pour le trône.

Mon écrit ayant pour titre : Des Bourbons et des Stuarts, a été saisi. Je demande à Votre Majesté d'ordonner que cette saisie soit levée.

Sire,

Je suis.

De Votre Majesté,

Le fidèle sujet.

Henri Saint-Simon.

p. s. J'espère que Voire Majesté ne s'offensera point de ce que j'adresse plusieurs fois la parole à mes compatriotes, dans l'exposé suivant de mes idées sur l'organisation sociale. Je suis votre sujet. Sire ; mais je suis aussi citoyen français, et à ce titre, je dois communiquer il mes concitoyens les moyens que je crois propres à diminuer les dépenses du gouvernement et l'étendue de ses pouvoirs.

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