‹ Œuvres choisies. Précédées d'un essai sur sa doctrine (volume 2)Chapitre 131 sur 131 · AU · texte numérisé non relu

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chements, les défrichements et les irrigations; il faut ne point chicaner sur les bénéfices que doivent produire les travaux d'utilité publique et en faire très facilement concession entière aux particuliers qui les entreprennent.

Quant à ce qui concerne le bonheur moral de la nation, il faut confier l'instruction de la jeunesse et du peuple aux savants dont les connaissances sont le plus positivement utiles.

Français,

Après que le premier article de notre contrat social aura clairement stipulé nos désirs nationaux et les moyens qui devront être employés pour les satisfaire, le surplus de cet acte sera très aisé à combiner ; tous les autres articles seront déduits du premier, comme en étant des conséquences directes.

La route que le gouvernement devra suivre étant clairement tracée par la Nation, les pouvoirs arbitraires se trouveront supprimés.

Tous les privilèges seront anéantis, et ils ne pourront plus se reproduire, puisque le système d'égalité le plus complet qui puisse exister sera constitué, les hommes qui montreront le plus de capacité dans les sciences positives, dans les beaux-arts et dans l'industrie, étant appelés par le nouveau système à jouir du premier degré de considération sociale et à être chargés de la direction des affaires publiques, disposition fondamentale qui destine tous les hommes possédant un talent transcendant à s'élever au premier

raiijif, quelle que soit la position dans laquelle le hasard de la naissauee les ait placés.

Enfin, et, en un mol, le mode de réorganisation proposé procurera à la France le plus grand de tous les avantages politiques, celui d'être gouvernée \e moins Ijussible et a.u meilleur jnoJTlié possibU, -^

J'ajouterai à ce que je viens de dire que ce mode de réorganisation sera nécessairement admis par tous les peuples éclairés, dès que la France leur aura montré l'exemple et qu'elle leur aura tracé la route qu'ils doivent suivre.

J'ajouterai encore : tous les peuples qui adopteront ce mode de réorganisation feront nécessairement cause commune, et ils combineront leurs efforts pour accroître leur bonheur commun.

Je terminerai ce chapitre en disant : la nation française forme aujourd'hui l'avant-garde de l'espèce humaine pour faire de nouveaux progrès en civilisation ; montrons-nous, mes chers compatriotes, dignes du poste honorable dont nous nous sommes emparés, en commençant la révolution régénératrice dont le besoin se fait sentir dans toute l'Europe.

De l'ancien système.

Ce que je vais vous dire vous paraîtra, au prime abord, très extraordinaire et même fort ridicule, parce que cela ne flattera point votre amour-propre.

Mais ce que je vais vous dire est une vérité, vérité qu'il vous importe de connaître, et sur laquelle nous devons fixer toute notre attention pour réussir dans notre grande entreprise politique : ainsi, je ne dois pas hésiter un seul instant à vous la présenter.

Voici mon assertion, je dis : Nous nous sommes proposé pour but dans notre révolution d'établir un nouveau système d'organisation sociale, et malgré tous nos efforts, nous ne sommes parvenus à sortir de l'a'ncien système, ni sous le rapport pratique, ni même sous celui de la théorie.

Examinons les faits : mais, en procédant à cet examen, ne perdez pas de vue la différence existante entre l'ancien et le nouveau système.

Dans l'ancien système, le gouvernement se trouve chargé de choisir le but d'activité vers lequel la Nation doit être dirigée, tandis que la fixation de ce but servira de base au nouveau système. — Dans l'ancien système, les pouvoirs du gouvernement sont très étendus et d'une nature fort arbitraire, tandis que le nouveau système ne confiera au gouvernement que des pouvoirs très précisés et très limités.

Récapitulons d'abord la conduite des citoyens que la Nation avait chargés du soin de la réorganiser, et celle des fonctionnaires publics qui se sont ensuite successivement emparés du pouvoir constituant.

L'Assemblée constituante a organisé Vavocasserie.

La Convention a constitué la sans-cidoterie.

Bonaparte a établi le despotisme militaire.

Et la Charte qui a été octroyée à la Nation laisse au gouvernement tous les moyens pour la ramener sous le joug des courtisans, des nobles et des prêtres !

Or, Vavocasserie, la sans-culoterie, le despotisme militaire, ainsi que la prépondérance des courtisans, des nobles et des prêtres, appartiennent au même système d'organisation sociale, à l'ancien système, au système dans lequel les hommes sont placés avant les choses, à celui dans lequel le gouvernement est chargé de choisir la direction qui doit être donnée aux forces nationales.

Mes ehers compatriotes ,

Ce que je viens d'énoncer vous met à même de juger sainement de l'état présent des choses.

Il est évident que la lutte entre les privilégiés et les non-privilégiés va se renouveler. Quel sera le caractère, quelle sera l'issue de cette lutte ? Voilà le point que je dois éclaircir.

J'ai lu et écouté avec beaucoup d'attention ce qui a été dit et écrit jusqu'à ce jour par le parti de l'opposition, et j'ai reconnu que ce parti ne s'était point encore élevé à la conception d'un nouveau système d'organisation sociale.

Or, le parti de l'opposition ne peut, avec ses principes qui sont ceux de l'ancien système, que reproduire, à de légères nuances près, les scènes dont nous avons déjà été témoins dans la révolution : les nonprivilégiés mettront les privilégiés à la porte ; et ceux qui se constitueront sur le champ de bataille, les chefs de la nation, ne tarderont pas à recréer les privilèges à leur profit, etc., etc.

Pour soi'tii' de ce cercle vicieux, il n'existe qu'un seul moyen, c'est celui de procéder h la réorganisation de la société, d'après les principes qui se trouvent en tête de mon chapitre Du nouveau système politique.

Conclusion.

Il n'existe, comme nous venons de le voir, qu'un seul moyen de terminer la crise politique actuelle ; il faut présenter à la Nation un bon projet des travaux les plus importants k exécuter, pour améliorer, d'une manière générale, le sort des Français, sous le rapport physique et sous le rapport moral.

Quand ce rapport aura obtenu l'approbation de la majorité des sociétaires, il deviendra le premier article de la constitution.

Il faudra présenter ensuite un projet d'organisation de l'administration publique , pour diriger ces travaux et pour empêcher les oisifs de troubler la tranquillité des travailleurs.

Quand ce second projet aura obtenu l'approbation des sociétaires, la Nation française se trouvera réorganisée d'une manière proportionnée à l'état de ses lumières et de sa civilisation.

Je publierai incessamment un travail plus étendu que ne l'est cette brochure; il aura pour titre : Du contrat social.

Considérée relativement aux circonstances présentes, l'opinion émise dans cet écrit a pour objet de faire cesser la lutte bâtarde qui existe entre les deux partis

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actuels, en déterininant la fondation d'un parti prépondérant : "=: PALT' mi>i- Pitnni:<TFi:RS.

T^pg DR»j)i;fTR-i:R»i , p;pst-:'|-dirft lf>s savants et les ^ artistes d'une j^î, ^^'^ ^"^^'YiHifillT'^. \ç^ fahr\oi\uiÀ et lë§ négociants de. L'autE^^wi-fopmentieyiritable corps de la natïQp, ne sont point encore entrés en activité \ politique, et cependant leur intervention peut seule 4iréserver le Roi et la Nation des malheurs dont ils sont menacés.

F'ha.nç.ms,

Craignons l'anarchie ; c'est le plus grand de tous les maux j)our les honnêtes gens, quelle que soit leur opinion politique : c'est l'état de choses qu'ont toujours désiré et que désireront toujours les hommes jnmmcaux, quelle que soit leur religion.

Respectons la Charte, puisqu'elle est en vigueur, mais ne nous dissimulons point que cette constitution ne peut acquérir aucune solidité, parce qu'elle superpose des privilégiés aux producteurs.

Dans la construction d'un pont, on commence par établir des bâtardeaux pour fonder les piles ; et tant que les fondations ne sont pas terminées, les bâtardeaux sont ce qu'il y a de plus important dans la construction. Considérons la Charte comme un bàtardeau, dont la destruction causerait de grands dommages aux producteurs, en même temps que des maux irrémédiables à la famille royale.

Respectons la Charte, mais travaillons avec ardeur à fonder, dans les esprits, un système d'organisation

sociale, qui soit proportionné à l'état des lumières et de la civilisation.

Mon procliain écrit sur le contrat social éclaircira les obscurités qui pourront rester dans l'esprit du lecteur, après qu'il aura réfléchi sur celui-ci.

FIN Di: TOMK SF.COM).

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