‹ Œuvres choisies. Précédées d'un essai sur sa doctrine (volume 2)Chapitre 31 sur 131 · CINQUIÈME OBSERVATION · texte numérisé non relu

CINQUIÈME OBSERVATION

A toutes les époques, l'homme a divisé les corps organisés (les animaux encore avec plus de soin que les

Il s'agit essentiellement de savoir si, après méditation sutTisanle (l'examen de ces idées en exige beaucoup, attendu qu'elles sont très abstraites), votre esprit se trouve satisfait :

1° Si la comparaison entre la structure des corps bruts et celle des corps organisés est bii-n établie; si elle est assez bien établie pour qu'on voie, dans ce qui les difTérencie, des raisons suffisantes entre l'action des uns et celle des autres pendant leur durée phénoménique ;

2° S'il y a effeclivement rectification dans l'échelle organique, en plaçant le castor et l'éléphant immédiatement après l'homme et avant le singe; si la démonstration que l'homme est absolument de la même nature que les autres animaux est solidement établie; s'il est vrai que l'animal le mieux organisé après l'homme se perfectionnerait si l'homme disparaissait du globe;

3' Si la marche des progrès de l'Esprit humain est bien établie ;

4" Si les conjectures formées sui' la marche que l'esprit humain suivra sont bien correcicmcnt déduites de la marche qu'il a suivie jusqu'à ce jour;

îi' Enfin si toutes ces parties réunies forment bien une seule et même série qui comprend, compose, constitue toute la science de l'homme.

végétaux) en deux classes. Il a composé l'une de ceux' qui lui sont utiles, et l'autre de ceux qui lui sont nuisibles. A toutes les époques, il a travaillé i» détruire ou au moins à éloigner le plus possible de son habitation les seconds, et à réduire les premiers en esclavage. A toutes les époques, par conséquent, l'action qu'il a exercée sur les autres animaux a été un obstacle au développement naturel et successif, de génération en génération, de leur organisation primitive; cette action exercée par l'homme sur les autres animaux a été très faible à son origine, car l'homme n'a joui primitivement sur les autres animaux que de la supériorité d'intelligence qui résultait directement de la supériorité d'organisation, et cette supériorité était bien petite ; mais elle s'est accrue de génération en génération, de manière que les moyens d'action de l'homme sur les autres animaux se sont graduellement et continuellement accrus.

Cette observation mérite toute l'attention des physiologistes; la développer est un des meilleurs usages qu'ils puissent faire des forces de leur intelligence.

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