‹ Œuvres choisies. Précédées d'un essai sur sa doctrine (volume 2)Chapitre 64 sur 131 · CONCLUSIONS DE CE TROISIÈME MÉMOIRE · texte numérisé non relu

CONCLUSIONS DE CE TROISIÈME MÉMOIRE

Nous conclurons de ce que nous aurons dit dans ce troisième Mémoire, qu'il est possible d'organiser une théorie générale des sciences, tant physiques que morales, basée sur l'idée de la gravitation considérée comme loi à laquelle Dieu a soumis l'Univers, et par laquelle il le régit. Nous dirons quel est le plus prompt moyen par lequel on peut arriver à cette organisation ; le voici : c'est que toutes les sociétés savantes mettent au concours la question à traiter, et nomment des commissaires chargés de décerner le prix à l'ouvrage qui aura atteint le mieux le but {c'est à Rome que ces commissaires doivent s'assembler). L'importance de ce travail est bien évidente, car la crise dans laquelle toute la population européenne se trouve engagée n'a d'autre cause que l'incohérence des idées générales. Aussitôt qu'il y aura une théorie proportionnée h l'état des lumières, tout rentrera dans l'ordre. L'institution commune des peuples européens se rétablira d'elle-même, et un clergé d'une instruction proportionnée aux connaissances acquises rétablira promptement le calme en Europe en mettant un frein h l'ambition des Peuples et des Rois.

Nous ferons voir qu'il ne faut pas s'effrayer de la difiicullé qu'otli'e l'organisation d'une nouvelle théorie; qu'il ne faut pas se laisser dominer par un trop vif désir d'atteindre un très haut degré de perfection. Nous engagerons les philosophes qui entreprendront ce travail à considérer combien la théorie, qui a servi de base à l'ancienne doctrine qui a été scientifique, religieuse et politique, était vicieuse, et cependant combien elle a été utile. Nous leur prouverons que ce qui est important, c'est d'ébaucher ce travail le plus promptement possible, parce que, dès qu'une première ébauche en sera faite, il existera des moyens de faire cesser le terrible fléau d'une guerre générale et de réorganiser la société européenne, seul objet philosophique qui mérite de fixer l'attention des savants dans ce moment. Enfin, nous dirons aux philosophes, nos contemporains, qu'après avoir rempli de notre mieux notre tâche, nous léguerons à nos successeurs le soin de perfectionner nos travaux.

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