CHAPITRE IX
Des moyens d'éviter en France une seconde Révolution.
J'ai dit quelles étaient les causes de la révolution qui menace la France; en quelque nombre que soient ces causes, un seul coup peut les détruire toutes.
Lorsque l'orgueil national d'un peuple est blessé, cette gène de la nation entière s'étend sur les individus, et rend plus vif dans chacun d'tux le sentiment des maux particuliers; aussitôt que cet or^^ueil est satisfait, tous les déplaisirs particuliers se perdent dans le contentement général.
Dès l'instant qu'un lien politique l'unira à l'Angleterre, la nation française, affaiblie aujourd'hui, jouera un premier rôle en Europe, et l'orgueil français, abaissé avec la France, se relèvera avec elle.
Alors toutes les prétentions seront oubliées, tous les
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intérêts confondus, tous les amours-propres contentés, ou du moins ces passions qui maintenant s'agitent avec tant de violence s'afi'aibliront et s'éteindront bientôt.
Dans ses rapports avec le reste du globe la France partagera tous les avantages dont jouit l'Angleterre.
L'empire de la mer, devenu commun à la nation française, étendra le commerce, accroîtra l'industrie, ouvrira la navigation qui est faible encore et nulle pour ainsi dire.
Un papier-monnaie , rendant la circulation plus active, est nécessaire pour donner de l'essor à l'industrie française; une banque commune aux deux nations, établie par le parlement anglo-français, satisfera à cet égard les désirs de la classe commerçante.
Enfin l'opinion publique en France se fixera sur des bases solides, par le commerce intime des Anglais, nos maîtres en politique nationale; le parlement d'Angleterre et le parlement anglo - français par leur influence sur le nouveau parlement français, l'entraîneront dans la direction vraiment constitutionnelle, et affermiront la marclie du gouvernement, en détruisant cette hésitation qui résulte du combat des vieilles habitudes et aes opinions nouvelles.