‹ Œuvres choisies. Précédées d'un essai sur sa doctrineChapitre 14 sur 72 · TROISIÈME LETTRE · texte numérisé non relu

TROISIÈME LETTRE

C'est Dieu qui in'a parlé : un homme aui'ait-il pu inventer une religion supérieure ci toutes celles qui ont existé? il faudrait supposer qu'aucune d'elles n'a été instituée par la Divinité : regardez comme le précepte est clair dans la religion qui m'a été révélée, voyez comme son exécution est assurée. L'obligation est imposée h chacun de donner constamment à ses forces personnelles une direction utile à l'humanité; les bras du pauvre continueront à nourrir le riche, mais le riche reçoit le commandement de faire travailler sa cervelle, et si sa cervelle n'est pas propre au travail, il sera bien obligé de faire travailler ses bras ; car Newton ne laissera siîrement pas sur cette planète, une des plus voisines du soleil , des ouvriers volontairement inutiles dans l'atelier.

Nous ne verrons plus la religion avoir pour ministres

des hommes pourvus du droit de nommer les chefs de l'humanité, ce seront tous les fidèles qui nommeront leurs guides et les qualités auxquelles ils reconnaîtront ceux que Dieu a appelés à les représenter ne seront plus d'insignifiantes vertus, telles que la chasteté et la continence; ce seront les talents, ce sera le plus haut degré de talents.

Je ne m'étendrai pas davantage à ce sujet : tout homme qui croit à la révélation sera nécessairement convaincu que Dieu seul a pu donner à l'humanité le moyen de forcer chacun de ses membres à suivre le précepte de l'amour du prochain.

P. S. Je compte vous écrire une lettre dans laquelle j'envisagerai la religion comme une invention humaine, je la considérerai comme étant la seule nature d'institution politique qui tende à l'organisation générale de l'humanité. Les risques, auxquels je sens que je vais me trouver exposé pour vous avoir engagé à faire descendre les gouvernants en seconde ligne de considération, m'engagent à prendre la précaution de vous communiquer sur-le-champ l'idée la plus capitale de celles qui doivent entrer dans le travail que je vous annonce.

Faites la supposition que vous avez acquis connaissance de la manière dont la matière s'est trouvée répartie à une époque quelconque, et que vous avez fait le plan de l'Univers, en désignant par des nombres la quantité de matière qui se trouvait contenue dans chacune de ses parties : il sera clair à vos yeux qu'en faisant sur ce plan application de la loi de la pesanteur universelle, vous pourriez prédire, aussi exactement que l'état des connaissances mathématiques vous le permettrait,

tous les changements successifs qui arriveraient dans l'Univers.

Cette supposition placera votre intelligence dans une position où tous les phénomènes se présenteront à elle sous les mêmes apparences; car en examinant sur le plan de l'Univers la partie de l'espace occupée par votre individu, vous ne trouverez point aux phénomènes que vous avez appelés moraux, et à ceux que vous avez appelés physiques, un caractère différent.

L'indication que je viens de vous donner est suHisante pour que l'idée soit entendue par les mathématiciens.

Me voilîi bien content, mes chers contemporains : la partie la plus capitale de mon travail est arrivée à bon port, puisque je l'ai remise dans vos mains; vous avez maintenant un plan d'organisation générale qui n'exige pour son exécution que de légers changements aux habitudes contractées, puisqu'il n'offre dans toutes ses parties que des modifications aux idées admises : je viens de dire aux savants la position dans laquelle je me suis placé pour faire cette combinaison ; ainsi, quelque chose qui m'arrive, si ce que j'ai conçu est bon, vous pourrez en tirer parti. En cas que force majeure m'empêche de faire le travail de rédaction des idées intermédiaires, avec un peu de méditation, tout homme pour lequel la conception de la pesanteur universelle sera une sensation claire, et qui sera au courant des connaissances physiologiques, les observations sur les progrès de l'esprit humain comprises, pourra facilement les établir.

INTRODUCTION

AUX

TRAVAUX SCIENTIFIQUES

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DIX-NEUVIÈME SIÈCLE

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