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CONSIDÉRATIONS GÉNÉRALES

L'humaxité a entrevu, pendant sa jeunesse, toutes les vérités dont elle a trouvé les démonstrations depuis (lu'elle est parvenue à la maturité de son âge; elle a même aperçu, à cette époque de la grande vigueur de son imagination, toutes celles qu'il lui reste à démontrer.

Un ancien a dit : l'homme est ux petit uxivers. L'École ne tardera pas, je crois, à fixer son attention sur ce bel apei\'u, qui a été, pour moi, l'objet de profondes méditations.

Résultat de mes méditations sur cet aperçu :

l'homme est IX PETIT INIVEKS.

Je me llpure que, d:nis IVspnce occupé jtar moi, il

existe toutes les l'elaliuus possibles de quaiilii(' cl de qualité.

L'iionime et TUnivers me paraissent une même mécaniçjue sur deux échelles. Je me représente l'homme connne une montre enfermée dans une grande horloge dont elle reçoit le mouvement.

Cette manière de concevoir les ciioses donne les moyens d'éclaircir plusieurs points scientitiques importants (i). Je me bornerai, pour le moment, à m'en aider dans l'examen comparatif de la marche de l'esprit humain pendant le dix-septième et le dix-huitième siècles.

Pendant le dix-septième siècle, le génie transcendant qui a dirigé les travaux de l'École a étudié l'Univers

(1) On n'a encore doDné aucune explication salisfaisanle de loporalion par laquelle notre intelligence se rend compte des relations existant entre les choses extérieures à elle. La comparaison du miroir, emnloyée par plusieurs auteurs, celle de la lunette produite par Kanl. compliquent lu queslion au lieu de la siniplifler. J"engai,'e les savants du xix™'= siècle a faire usage de la supposition que j'emploie pourrendre compte des travaux scientifiques du xyiii""" siècle. Je les préviens que c'est en grande partie sur cette supposition que reposera le système qui sera développé dans les quatre ouviages que j'ai annoncés.

L'homme est un petit Univers;

Je dis. comme développement de cet aperçu : Le mécani.sme de l'homme

ET LE MÉCANISME DE L'UnIVERS SONT LES MEMES X CES DIFFÉRENCES PRÈS :

L'Univers est une mécanique qui a le mouvement perpkti.ui.

POUR MOTEUR. Le MÉCANISME DE l'HOMME, N'ÉTANT MU QUE PAR UN MOUVEMENT DÉRIVÉ, A UNE DURÉE LIMITÉE

L'HOMME EST UNE MÉCANIQUE CONSTRUITE SUR LA PLUS PETITE ÉCHELLE possible; L'UnIVERS A UNE DIMENSION INFINIE.

L'homme se rend compte des relations de q'j.vntité et de qualité extérieures a lui, par la raison que, dans lui, se font toutes les différentiations et les intégr.itions de quantité et de qu.\-

sur la grande et sur la petite échelle. Il s'est occupé (l'astronomie et de physiologie : nous avons de lui, de Descartes, le système des tourbillons et le traité de l'homme.

Dans le dix-huitième siècle, comme je l'ai déjà dit, l'École s'est divisée en deux ateliers : Newton, qui s'est mis à la tête de l'un, s'est exclusivement attaclié à étudier l'Univers sur la grande échelle; Locke ne l'a observé que sur la petite.

C'est le propre des génies transcendants de s'élever aux généralités du premier ordre : les sciences secondaires ne peuvent lixer que passagèrement leur attention.

La chimie ne porte que sur des considérations secondaires de la physique des corps bruts. Les chimistes n'observent que des rouages secondaires de la grande machine. — Cette science n'a point fixé l'attention de Newton.

La botanique ne renferme que des considérations secondaires de la physique des corps organisés : cette science n'a que médiocrement fixé l'attention de Locke.

Voilà la raison qui m'a déterminé à placer la chimie et la botanique dans la deuxième section de la première classe des travaux scientifiques.

LlTÉ; PAR LA RAISON, POIR M EXPRIMER EN LANGAGE DE PHYSIQUE, QIE, DANS l'uOMME, EXISTENT, SLR DNE PETITE ÉCHELLE, TOCS LES PHÉNOMÈNES : JE DIS TOUS, C'eST-A-DIRE, CEUX (JU'lL VOIT ET MÊME CEUX QUI ÉCHAPPENT AU SENS DE SA VUE.

Les phénomènes yii , échappant aux sens particuliers de l'homme, ne sont soumis ol'a son soisol'ium coiiiDiunc, sont ceux yuE les poètes considèrent comme des produits de l'imagination,

et que les SAVANS F.NVISA(iENT COMME DES EFFETS DE LA MÉTAPHY- SIQUE.

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