‹ Œuvres choisies. Précédées d'un essai sur sa doctrineChapitre 42 sur 72 · PREMIER MOTIF · texte numérisé non relu

PREMIER MOTIF

Condillac a donné, en tête de son Traité des systèmes la définition du mot système. Cette définition a été admirée par l'École; je l'adopte.

« Un système n'est autre chose que la disposition des différentes « parties d'un art ou d'une science dans un ordre où elles se sou- « tiennent toutes mutuellement et où les dernières s'expliquent Il par les premières. Celles qui rendent raison des autres s'appel- (I lent principes, et le système est d'autant plus parfait que les -< principes sont en plus petit nombre : il est même à souhaiter " qu'on les réduise à un seul. »

D'après cette définition, le système le plus parfait est celui dont les principes sont le mieux coordonnés, et le plus imparfait, celui dans lequel on place au même rang les principes les plus opposés. Or, les principes théologiques et les principes de physique sont évidemment opposés, puisque les uns sont basés sur des idées révélées ou inspirées, et que les autres sont fondés sur les connaissances acquises, et qu'ils ne sont autre chose que des observations généralisées.

Diderot et d'Alembert, en faisant marcher de front l'exposé des principes de ces deux ordres, n'ont pu atteindre qu'un but critique : celui de démontrer la

supériorité des principes de physique sur les principes théologiques. L'Encyclopédie examinée avec l'œil critique, n'est autre chose qu'une comparaison entre ces deux ordres de principes. De cette observation sur l'Encyclopédie, je conclus qu'elle doit être classée au nombre des ouvrages critiques, et qu'elle ne mérite pas d'être placée au rang des ouvrages d'invention.

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