SYSTÈ3IE DU MONDE EXISTANT
L'UxivERS est un espace rempli de matière.
La matière existe sous deux formes : forme solide, forme fluide.
La quantité de fluide est égale ît- celle des solides.
Les molécules de la matière se constituent alternativement en état de solidité et en état de fluidité.
Tous les phénomènes sont des effets de la lutte existante entre les solides et les fluides.
L'Univers est partagé en deux parties égales : j'appelle l'une de ces parties solide, et l'autre fluide. La partie solide est celle dans laquelle la matière tend h se solidifier; la partie fluide est celle dans laquelle la matière tend à se fluidifier.
A certaines époques, la matière existante dans les deux parties se confond. Il y a désorganisation générale qui est suivie d'une réorganisation générale sur la même base.
L'Univers est le seul phénomène éternel ; la durée des phénomènes secondaires est plus ou moins longue.
Le système solaire fait partie du système solide.
Le système solaire est un sphéroïde aplati. La quantité de fluide qu'il renferme égale à peu près celle des solides. La masse des solides est un peu supérieure.
Dans le système solaire, la masse des solides augmente continuellement aux dépens de celle des fluides; il y a formation continuelle de comètes.
Le fluide qui sépare les astres renfermés dans le système solaire est soumis au mouvement de rotation général du système ; sa densité n'est point égale dans toutes les parties de l'espace qu'il remplit; vers le centre du système, l'action de ce fluide est considérablement troublée par le solide qui s'y trouve placé; son mouvement propre étant troublé, il subit une espèce de décomposition ; des agglomérations de matières solides et fluides doivent se former dans cette partie du système; ces agglomérations s'accroissent en s'identifiant celles d'une formation postérieure, dont l'existence est déterminée par la même cause. Ces agglomérations forment d'abord les taches que nous voyons sur le soleil. Elles sortent de son atmosphère, quand elles ont acquis un certain degré de volume et de densité, et prennent alors le nom de comètes.
Les comètes commencent par être très excentriques et presque perpendiculaires au plan équitorial du système; elles diminuent d'obliquité et d'excentricité à mesure qu'elles acquièrent de la densité. Cette densification s'opère :
1" Par l'attraction molécuUiire qui s'exerce dans leur intérieur;
2" Par les pressions instantanées qu'elles éprouvent lors de leur passage dans le voisinage des planètes.
Il se détermine dans les comètes un mouvement de rotation sur leur axe, quand elles sont parvenues à un certain point de densité, ce qui les revêt du caractère de planète (i).
La densité des planètes s'accroît de plus en plus; il se forme à leur surface de jolis petits phénomènes nommés corps organisés. Ces phénomènes cessent d'avoir lieu quand les comètes sont arrivées à un certain point de solidification.
(1) J"ai communique il y a plusieurs années mes idées sur la formation (les comètes à M. Bouvard, membre du bureau des longitudes, chargé du soin des observations.
M. Bouvard m'a dit, il y a trois ans :
« Il existe, dans ce moment, sur l'horizon, une comète qui a bien peu de « consistance; on voit les étoiles à travers; elle est diaphane dans toutes « ses parties ; elle n'a point de noyau ; elle a l'apparence d'un nuage, d'un « fluide légèrement épaissi. Il est certain que ce fait cadre très bien avec « vos idées, et qu'il est en opposition directe avec toutes les théories pro- « duites jusqu'à ce jour. »
J'ai observé il y a quelques mois avec M. Bouvard, une comète qui présentait une apparence absolument contraire. Ses bords étaient presque aussi bien terminés que ceux d'une planète ; son caractère de comète n'était plus marqué que par une légère trainée lumineuse.
Ainsi, depuis quatre ans, les astronomes ont vu deux comètes, dont Tune était dans l'enfance et l'autre près de subir la métamorpliose qui la changera en planète.