‹ Œuvres choisies. Précédées d'une appréciation littéraireChapitre 100 sur 242 · F BON TIN · texte numérisé non relu

F BON TIN

Mais VOUS, quel intérêt?... Pourquoi vouloir aigrir Des gens que pour toujours ce nœud doit réunir? Et pourquoi seconder la bizarre entreprise D'un jeune écervelé qui fait une sottise?

CLÉON

Quand je n'y trouverois que de quoi m'amuser, Oh! c'est le droit des gens, et je veux en user. Tout languit, tout est mort sans la tracasserie; C'est le ressort du monde et l'àme de la vie; Bien fou qui là-dessus conlraindroit ses désirs; Les sots sont ici-bas pour nos menus plaisirs. Mais un autre intérêt que la plaisanterie Me détermine encore à cette brouillerie.

FUONTIN. {

Comment donc I à Cliloé songeriez-vous aussi ? Florise croit pourtant que vous n'êtes ici Que pour son compte, au moins. Je pense que sa fille Lui pèse horriblement; et la voir si gentille L'afilige : je lui vois l'air sombre et soucieux Lorsque vous regardez longtemps Cliloé.

c L li 0 N.

Tant mieux.

Elle ne me dit rien de celte jalousie : Mais j'ai bien remarqué qu'elle en étoit remplie, Et je la laisse aller.

273 LE MKCHANT.

FnONTIN.

C'csl-à-dire, à peu près, Que Valero écarté sort à vos intérôls.

Mais je ne comprends pas quel dessein est le vôtie; Quoi ! Florise et Chloé ?...

CLÉON

Moi! ni l'une, ni l'autre.

Je n'agis ni par goût, ni par rivalité : M'as-tu donc jamais vu dupe d'une beaut>^? Je sais trop les défauts, les retours qu'on nous cache Toute femme m'amuse, aucune ne m'altaclie; Si par hasard aussi je me vois marié, Je ne m'ennuîrai point pour ma chère moitié; Aimera qui pourra. Florise, cette folle, Dont je tourne h mon gré l'esprit faux et frivole, Qui, malgré l'âge, encore a des prétentions. Et me croit transporté de ses perfections, Florise pense à moi. C'est pour notre avantage Qu'elle veut de Chloé rompre le mariage, Vu que, l'oncle à la nièce assurant tout son bien. S'il venoit à mourir, Floriso n'auroit rien. Le point est d'empêcher qu'il ne se dessaisisse; Et je souhaite fort que cela réussisse : Si nous pouvons parer cette donation.

Je ne rc-pondrois pas d'une tentation Sur cet hymen secret dont Florise me presse ; D'un bien considérable elle sera maîtresse ; Et je n'épouserois que sous condition D'une t-f-ès-bonna part dans la succession. D'ailleurs Géronte m'aime : il se peut très-bien faire Qup son choix me regarde en renvoyant Valère ;

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