‹ Œuvres choisies. Précédées d'une appréciation littéraireChapitre 102 sur 242 · LE MFX'II\NT · texte numérisé non relu

LE MFX'II\NT

Ne prélondoz-vous donc qu'au Iriste amusoment De vous faire haïr universellement?

CLÉON

Cola m'est fort égal : on me craint, on m'estime;

C'est tout ce que je veux ; et je tiens pour maxime

nu(> la plat;^ amitié, dont on fait tant de cas,

Ne vaut pas les plaisirs des gens qu'on n'aime pas :

Être cité, mêlé dans toutes les querelles,

Les plaintes, les rapports, les histoires nouvelles,

(îltre criiint h la fois et désiré parlout,

Voilii ma destinée et mon unique goût.

Quant aux amis, crois-moi, ce vain nom qu'on se donne

Se prend chez tout le monde, et n'est vrai chez personne;

J'en ai mille, et pas un. Veux-tu que, limité

Au petit cercle obscur d'une société,

J'aille m'ensevelir dans quelque coterie ?

Je vais où l'on me plaît, je pars quand on m'ennuie,

Je m'établis ailleurs, me moquant au surplus

D'être haï des gens chez qui je ne vais plus :

C'est ainsi qu'en ce lieu, si la chance varie,

Je compte planter là toute la compagnie.

FHONTIN.

Cela vous plaît à dire, et ne m'arrange pas : De voir tout l'univers vous pouvez faire cas; Mais je suis las, monsieur, do cette vie errante : Toujours visages neufs, cela m'impatiente; On ne peut, grâce à vous, conserver un ami, Un est tantôt au nord, et tantôt au midi : Quand je vous crois logé, j'y compte, je me lie Aux femmes de madame, et je fais leur partie, J'ose même avancer que je vous fais honneur :

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