XX GRESSET
soin; le méchant, pour avoir le plaisir do brouiller; et dans les deux comédies c'est un valet gagné par une soubrette qui démasque le traître et fournit contre lui les pièces de conviction. Mais celle de Gresset est mieux conduite que celle de Rousseau : dans celle-ci, le jeu des ressorts est un peu forcé; il est, dans l'autre, plus aisé et plus naturel.
Le Flalleur est presque entièrement dénué de comique, si ce n'est dans quelques endroits de la scène du dédit, dont le fond est d'ailleurs peu vraisemblable.
II y en a davantage dans le Méchant, particulièrcm -nt dans la scène où Valère joue la fatuité et l'impertinence pour dégoûter de lui le bonhomme Géronte ; cette scène est excellente, mais c'est aussi la seule qui soit vraiment en situation. Il s'offrait là un fonds d'intérêt dont il est bien surprenant que le poëte n'ait tiré aucun parti , i)uisqu'il paraît l'avoir aperçu. Valère, gâté par le séjour de la capitale, et encore plus par les raisons de Cléon qui est son oracle et son modèle, cherche ù, faire échouer son mariage avec la jeune Chloé, qui a été élevée avec lui en province et qui a eu ses premières inclinations. Il y a six ans qu'il ne l'a vue, et quelques intrigues qu'il a eues à Paris, et qu'à son ûge on prend si volontiers pour des bonnes fortunes, lui font regarder avec dégoût un mariage que ses parents désirent, et qui peut faire son bonheur. Mais