ACTE QUATRIEME
CIILOÉ, LISETTE.
LISETTE
Eh quoi ! n ademoisellc, encor cette tristesse! Comptez sur moi, vous dis-je; allons, point de foiiîlesso.
CIILOÉ.
Que !es hommes sont faux! et qu'ils savent, hélas I Trop bien persuader ce qu'ils ne sentent pas! Je n'aurois jamais cru l'apprendre par Valère : II revient, il me voit, il sembloit vouloir plaire; Son trouble lui prôtoit de nouveaux agréments, Ses yeux sembloient répondre à tous mes sentiments ; Le croiras-tu, Lisette, et qu'y puis-je comprendre? Cet amant adoré que je croyois si tendre, Oui, Valère, oubliant ma tendresse et sa foi, Valère me méprise!... il parle mal de moi.
LISETTE
II en parle très-bien ; je le sais, je vous jure.
830 LK MliCHANT.
Cil I.OÉ.
Je lo licMis (io mon oncio, et. ma peine est trop snre; Tout est roniini ; je suis dans un chagrin mortel.
LISETTE
Ouais 1 tout ceci me pnsse, et n'est pas naturel;
Valcre vous adore, et fait cette équipée!
Je vois là du Cléon, ou je suis bien trompée.
IMais il faut par vous-même entendre votre amant;
Je vous ménagerai cet éclaircissement
Sans que dans mon projet Florise nous dérange :
Ma foi, je lui prépare un tour assez étrange,
Qui l'occupera trop pour avoir l'œil sur vous.
Le moment est heureux ; tous les noms les plus doux
Ne reviennent-ils pas? c'est ma chère Lisette,
Mon enfant... On m'écoute, on me trouve parfaite;
Tantôt on ne pouvoit me souffrir : à présent.
Vu que pour terminer Géronte est moins pressant,
Elle est d'une gaîté, d'une folie extrême :
Moi, je vais profiter de l'instant oîi l'on m'aime,
Dès qu'à tous ses propos Cléon aura mis fin :
Il est délicieux, incroyable , dioin;
Cent autres petits mots qu'elle redit sans cesse.
Ces noms dureront peu, comptez sur ma promesse.
Géronte le demande; on le dit en fureur :
Mais je compte guérir le frère par la sœur.
CIILOÉ.
Ah! que fait Valère?
LISETTE
Ahl j'ouhliois de vous dire Qu'il est à sa toilette, et cela doit détrun-c Vos soupçons mal fondés ; car vous concevez bien