ACTE IV, SCENE III
FLORISE
Quoi?
LISETTE
Rien.
FLORISE
Je \cux savoi'-.
LISETTE
FLORISE
Non.
Je Texige.
Eh bien!... J'ai cru m'apercevoir Qu'il n'avoit paspour vous tout le goût qu'il vous marque: Il me parle souvent, et souvent je remarque Qu'il a, quand je vous loue, un air embarrassé: Et sur certains discours si je l'avois poussé...
FLORISE
€himère! Il faut pourtant éclaircir ce nuage;
Il est vrai que Chloé me donne quelque ombrage,
Et que c'est à dessein de l'éloigner de lui
Qu'à la mettre au couvent je m'apprête aujourd'hui :
Toi, fais causer Cléon, et que je puisse apprendre...
LISETTl'.
Je voudrois qu'en secret vous vinssiez nous entendre; Vous ne m'en croiriez pas.
FLORISE
Quelle folie I
LISETTE
Oh ! non.
Il faut s'aider de tout dans un juste soupçon ; Si ce n'est pas pour vous, que ce soit pour moi-même;
834 I-E MKCHA.NT.
J'ai l'ospril dôfianl : vous voulo/. quo jo l'aiino,
Et je ne puis l'aimer comnime je le prétoiuls,
Que quand nous aurons fait l'épreuve où je l'allends.
FLORISE
Mais comment ferions-nous?
LISETTE
Ail ! rien n'est plus facile C'est avec moi tantôt que vous verrez son style; Taux ou vrai, bien ou mal, il s'expliquera là. Vous avez vu souvent qu'au moment où l'on va 6e promener ensemble au bois, à la prairie, Cléon ne part jamais avec la compagnie; 11 reste à me parler, à me questionner : Et de ce cabinet vous pourriez vous donner Le plaisir de l'entendre appuyer ou détruire...
FLOniSE.
Tout ce que tu voudras; je ne veux que m'instruire Pi Cléon pour ma fille a le goût que je croi : Mais je ne puis penser qu'il parle mal de moi.
LISETTE
Eh bien ! c'est de ma part une galanterie L'éloge des absents se fait sans flatterie. Il faudra que sur vous, dans tout cet entretien, Je dise un peu de mal , dont je ne pense rien. Pour lui faire beau jeu.