‹ Œuvres choisies. Précédées d'une appréciation littéraireChapitre 3 sur 242 · IV GRESSET · texte numérisé non relu

IV GRESSET

Il continue toutes ses phrases l'espace de cent chiquante vers, en les commençant par ces mêmes mots, loin de; ce qui amène une foule de portraits tous difTérents et tous finis; mais cette marche trop prolongée fait sentir la monotonie. De même, quand il s'interroge sur les divers états qu'il pourrait embrasser s'il quittait le sien (que pourtant il quitta peu de temps après), il dit:

Irais-je, adulateur sordide, Encenser un sot dans l'éclat.

Amuser un Crésus stupide, Et monselgneuriser un fat?

11 continue encore à parcourir toutes les professions, commençant toujours par la môme formule interrogative; et de là, encore l'uniformité de tournure. Mais ce n'est pas du moins colle d'où naquit un jour l'ennui. Ici le défaut tient tellement à la manière naturelle do l'auteur, qui semble se laisser aller, mais qui vous mène toujours avec lui; ses vers s'enchaînent si bien les uns avec les autres, ils roulent avec une harmonie si flatteuse, que vous n'en sentez plus que le charme, et que le défaut disparaît. C'est l'avantage d'un heureux naturel, de faire passer avec lui ce qu'il peut avoir de défectueux.

D'ailleurs, il faut songer que la longueur des phrases est infiniment moins sensible dans les vers à quatre pieds que dans riiexamètre; et ce qu'il y a

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