GRESSET
vers qui .«;oîent plus que ceux-là dans la mémoire dos amateurs. Ce serait une raison pour n'en rien dire ici de plus ; mais je m'arrêterai un moment sur la Charleuse, qui est susceptible de quelques observations, au lieu qu'il n'y a que des éloges à donner à Verl-Verl , qui, à quelques négligences près, est un morceau achevé.
Il y a beaucoup plus de fautes dans la Chartreuse, et cependant Rousseau la préférait à Verl-Verl, comme étant d'un ordre de poésie et de talent au-dessus des aventures d'un perroquet : je suis de l'avis de Rousseau. Les défauts de la Chartreuse sont d'abord l'abus de ce qui en a fait en soi-même le principal attrait : l'aisance et l'abandon vont quelquefois jusqu'à la négligence marquée, et l'abondance jusqu'à la diffusion. Les phrases sont souvent longues et un peu' traînantes , et l'auteur procède trop volontiers par rénumération. Ainsi , par exemple, lorsqu'il a dit :
Calme lieureux, loisir solitaire, Quand on jouit de ta douceur, Quel antre n'a pas do quoi plaire?
Quflle caverne est étrangère Lorsqu'on y trouve le bonheur, Lorsqu'on y vit sans spectateur.
Dans le silence littéraire.
Loin de tout importun jaseur, Loin des froids discours du vulgaire Et des hauts tons de la grandeur?