LES OMBRE
Sur-lo-ch^mp iroit sans ropos, Dressant la crtHe et battant l'aile, Glapir quelque alarme nouvelle Dans tous les poulaillers dévots, Ou qui, pour parler sans emblème , Dans quelque parloir médisant Iroit aflicher l'anathèrr.c Contre un badinage innocent, Et le noircir avec scandale De ce fiel mystique et couvert Que vient de verser la cabale Sur l'histoire de dorn Vert-Vert, Faite en cette critique année Oij le perroquet révérend Alla jaser publiquement, Entraîné par sa destinée, Et ravi je ne sais comment.
Au secret de son maître absent.
Selon la gazette neustrique, Cet amusement poétique , Surpris, intercepté, transcrit Sur je ne sais quel manuscrit Par un pre«toiet famélique, Se vend à l'insu de l'auteur Par ce petit-collet profane.
Et déjà vaut une soutane Et deux castors à l'éditeur.
Si ma main n'étoit pas trop lasse.
Ce seroil bien ici la place D'ajouter un tome nouveau Aux mémoires du saint oiseau;
83 KPITRE DEUXIEME.
Do naiTor comme quoi )a pièce,
Portée au sortir de la presse
Au parlement visitandin,
Causa dans leurs saintes brigades
Une ligue, des barricades,
Et sonna partout le tocsin ;
Comme quoi les mères notables,
L'état-major, les vénérables,
Vouloient, dans leur premier accès,
Sans autre forme de procès,
lîrùler ces vers abominables,
Comme erronés, comme exécrables,
Jansénistes, impardonnables,
Et notoirement imposteurs;
Mais comme quoi des jeunes sœurs
La jurisprudence plus tendre
A jusqu'ici paré les coups.
Ravi Vert- Vert à ce courroux.
Et sauvé l'honneur de sa cendre.
Suivant le lardon médisant.
Les jeunes sœurs, d'un œil content,
Ont vu draper les graves mères,
Les révérendes douairières,
Et la grand'chambre du couvent.
Une nonne sempiternelle
Prétend prouver à tout fidèle
Que jamais Veit-Vert n'exista,
Vu, dit-elle, qu'on ne pourra
Trouver la lettre circulaire
Du perroquet missionnaire
Parmi celles de ce temps-là.