‹ Œuvres choisies. Précédées d'une appréciation littéraireChapitre 48 sur 242 · MADAME DE LA MICHODIERE · texte numérisé non relu

MADAME DE LA MICHODIERE

Janvier 1703.

Sur un rivage solitaire

Où, malgré tout l'ennui du temps,

Les frimas, la neige, les vents.

Le jour triste qui nous éclaire,

La tranquille raison préfère

Un foyer champêtre écarté,

Et le ciel de la liberté,

A l'étroite et lourde atmosphère

Des paravents de la cité;

Au milieu du sombre silence

EPITKE 11 r 1 niîME.

Pc la Iristo iiniformité,

El de loiiLo la violence

D'un liiverqui sera cite'",

El qui, soit (lit sans vanité,

Prête à nos ciiamps de Picardie

L'austère et sauvage beauté

Des montagnes de Laponie;

Un bon ermite confiné

Dans sa cabane rembrunie,

VA par cette bise ennemie ,

A. son grand regret, détourné

Du charme d'occuper sa vie

Dès la renaissante clarté,

lit de l'habitude chérie

D'aller voir avec volupté

Ses arbres, son champ, sa prairie.

Parcouroit par oisiveté

Une multitude inilnie

D'écrits nouveaux sans nouveauté,

De phrases sans nécessité,

El de rimes sans poésie;

Et dans la belle quantité

Des œuvres dont nous gratifie

La féconde Frivolité,

Et je ne sais quelle manie

D'une pauvre célébrité,

Il admiroit l'éternité

Des almanachs que le génie ,

Qui nous gagne de tout côte,

Fabrique , réchauffe , amplifie.

Pour éclairer Thumanité

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