SUR L'EGALITE. J
Oui fait dans dos gonrcs divers Les oracles de la pairie Et les maîtres de l'univers.
Qu'on ne pense point qu"idolà(re Des lyriques divinités, Je n'aille offrir que leur tlieàtre, Ou que leurs antres écarlés.
Tous les esprits ont mon hommage; .l'adore Homère et Cicéron, Démosthcne, Euclide et Platon; Et, pour embellir la raison, Si du poétique rivage Aujourd'hui j'emprunte le ton, Qu'au hasard et sans esclavage La rime s'offre à mon pinceau.
Je m'arrête au vrai de l'image Et non au cadre du tableau.
Loin du palais où l'opulence Attire un peu[)le adulateur.
Loin de l'auteJ où l'on encense Le fantôme de la grandeur, Dans une heureuse solitude La raison règne, et sous ses lois Y rassemble ces esprits droits Échappés à la servitude Des préjugés et des emplois.
LPlTRt: DIX-HUITILIME.
A .M A 1) A il i:
Lus fleurs dont 1 Amour se couronna Et que voit naîlre le printemps, Aux trésors tardifs de l'autorr-nc Viennent nièier leurs ornements, Et de leurs bouquets éclatants Rajeunir le sein de Pomone; Ainsi par un heureux destin Du temps jaloux bravant l'outrage, Ton es; rit charmant et badin Jette des (leurs sur son passaire, m fait briller lo soir de l'âge Ue tout l'éclat de son malin.
Poursuis, aimable Génon\ilIe, Embellis-toi de ta gaité; Que par ta voix tendre et facilo
I.o vif et joyeux vaudeville Souvent à table soit fôté, F.t par les |)Iaisirs invité.
S'y place au sein de sa familie.
Lorsque le nectar qui pétille Sous les bouchons emprisonné, Court remplir le cristal fragile Où, brillant d'un éclat mobiio, 11 sourit à l'œil étonné.
Quelquefois attendant l'auroio Au milieu des jeux et des ris, Livre tes pas à Terpsichore ; Dis des bons mots à tes amis.
L'amitié, que ton cœur adore, Loin de toi bannit les soucis; Mais pour mieux les chasser encore ïu t'occupes des bons écrits Que le bon siècle vit éclore :
Semblable au Zcphyre amoureux Qui, du printemps enfant volage, Court à chaque fleur d'un bocage Porter le tribut de ses feux, Tour à tour Racine et Molière, Chaulieu, Montagne et la Bruycio Viennent s'asseoir à tes côtés Dans Ion asile solitaire, Et sous leurs crayons enchantés Tu vois d'une douce lumière Briller d'utiles vérités.
ÉPIlUli DlX-NEUVlÈMli.
A M. DE MONREGARD.
Envoyée avoc un pâté de quatre canards, dans lo temps de la grippe. 177(5.
D'uNii: province où la fnincliTSG Kt la loyiiulc du vieux temps Sont encor des bons habitants Le cri de guerre el la devise, Quatre ermites en robe grise, Gens tout neufs, bien de leur pays, llont l'air grave, le sang rassis, N'annonçoient guère l'entreprise, Oravant les périls infinis, Les glaces, la neige et la bise Dont les rl)emin> sent investis,