‹ Œuvres choisies. Précédées d'une appréciation littéraireChapitre 70 sur 242 · DU CHARTREUX · texte numérisé non relu

DU CHARTREUX

A;i sujet (l'uae femme qu'il avoit (juii[iua<

Je me nippplle avec transport Les lieux et l'instant oîi le sort l^I'offrit cette nymjihe chérie Dont un regard porta la vie Dans un cœur qn'liabiloil la mort.

rélicilé trop peu durable !

Il passa, ce songe enchanteur; lit je n'aperçus le bonheur Que pour être plus misérable.

La paix de ce morne sôjour ISe peut apaiser ma blessure; l'our jamais je sens que l'Amour Habitera ma sépulture.

Ivn vain tout offre dans ce lieu De la mort l'affreuse livrée; D'épines, de croix entourée, La mort n'écarte point ce dieu :

Par lui mon antre funéraire Brille des plus vives couleurs; Et ses mains répandent des fleurs Sur les çilices et la haire.

Déjà le bruit lugubre et lent De l'airain aux accents funèbres Me dérobe a l'enchantement, Et m'appelle dans les ténèbi'cs; Déjà dans un silence affreux .

Sous un long cloître ténébreux Oue terminent des lampes sombres, Je vois errer les pâles ombres Des solitaires de ces lieux.

A ti-avers leur dehors sauvage Ces lentes victimes du temps, Ces fantômes, ces pénitents, Dans un éternel esclavage J.lo semblent libres et content?

Sous le poids des fers et de l'âge.

ftH l'îriTRK VINGTUÎMR.

Conicnis! Hélas I ils n'ont poinl \u... 0 Dieu ! si de mon immorlcllo Un regard leur étoil connu, Yorroient-ils un bonheur loin d'elle?

Mais vous, que nos déserts épais.

Nos tombeaux, notre nuit jn-ofondc, N'entourent point de leurs cy|irès, Vous, heureux habitants du monde, Qui vivez, qui voyez ses traits,

Pouvez-vous la quitter jamais?

Pour elle votre âme ravie N'a-t-elle pas trop peu de temps De tout l'espace de vos ans?

Je voudrois de toute ma vio Acheter un de vos instaiiLs!

Contraint de dévorer mes peines

Parmi le silence et l'eiïroi

De ces retraites souterraines,

Toujours seul, toujours avec moi,

Exclus de l'asile ordinaire

Que la nature ouvre au malheur.

Je suis privé, dans ma misère.

De la consolante douceur

De pouvoir répandre mon cœur

Dans l'amo sensible et sincère

D'un fidèle dépositaire

Li; CIIAKTREUX. 215

Do mon éternelle douleur.

Rien n'offic en ce monde sauvage Ni soulagement ni pitié ; " Et, pour en achever l'image, On n'y connoit point l'amitié.

Si quelquefois, moins égarée, La raison me luit un instant, lit me dit qu'un travail constant Trompera l'immense durée Uu temps qui fuit si lentement Tour une àme desespérée ; Plus forte que tous mes projets, Bientôt une image adorée Se fait voir dans tous les objets.

De mes crayons, de mon ciseau Elle est le guide et le modèle ; Sur le tour un essai nouveau Chaque jour lui promet mon zèle.

Si je cultive, dès l'aurore,

Ces jasmins, ces myrtes, ces (leurs,

C'est pour offrir l'encens de Flore

Et les plus brillantes couleurs

A l'immortelle que j'adore.

Quand cette vigne dont mes mains

Guident la sève vagabonde

Répond au soin qui la féconde

Et se couronne de raisins :

or Croissez 1 leur dis-je avec tendresse,

21* LK CUAUTRIOUX.

Fiuils lieureux, embcllisscz-vons; Que sur vous rauloinne s'eiu|ii rss3 El vous livre au sorl le plus doux !

Dcfeudu par ma vigiîauee De mille insectes renaissaiiLs, Garantis de la violence El du Sagillairc et des vents, Dans notre fraîcheur la plus pure Au sein des hivers dévorants, Vous irez porter mon encens Kl riionimage de la uatu ^ A la déesse du printemps, »

Ces dons de I amour et des ail?, Présentés sous le nom du zèle, Seront oiFerts à ses regards.

Dieux ! ils seront touchés par elle !

Avant que de m'en détacher Que des pleurs, des baisers de llaniiiif, Fassent passer loule mon âme Dans CCS dons qu'elle doil touehf r !

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