A M. DE MON REGARD
Oh! quo cette ardente furie
De répétitions sans fin
Seroil promptement rafraîchie,
S'ils senloient le mal du voisin
Oue leur tendre goût supplicie,
l'A qui, chaque jour plus chagrin,
Plus écrasé de symphonie,
Jure d'aller le lendemain
Consulter, pour prendre à partie
Son mélodieux assassirr,
Et s'instruire (preuve servie)
Par un délibéré certain,
Si cette peste du matin
(La lyrique épizootie)
N'est pas un moyen souverain
Pour casser un bail même à vie.
El si la coutume contient,
Sous le titrs des servitudes,
Jusqu'à quel point la loi soutient
L'amateur faisant ses études!
C'est peu que le talent bénin,
La tant douce monotonie
De ces messieurs, dont tout est plein,
Occupe, amuse, gratifie,
Charme leur plus proche voisin,
Heureux de la première main
Sous le feu même du génie;
Leur épidémique harmonie,
De proche en proche s'abaissant
Sur le quartier, sur le passant,
Vous fait bâiller la compagnie ;
A M. DE MONREGAUD.
Et du s\-mphonisle argentin
Doublant le rôle et la couronne,
Cnit, dans son brillant destin.
Au don d"ennu} er en personne
L'art d'ennuyer dans le lointain.
Je ne sais trop si je m'explique :
Au reste, si ces traits galants
Présentent mal de la musique
Les matineux frères servants.
Il ne faut tpie changer l'adresse :
Vous aurez, presque aux mêmes tro-lLs,
Des amateurs de pire espèce.
Ces longs liseurs de verselets
D'une pesante gentillesse.
Ces porteurs d'odes, de couplets -
De madrigaux et de bouquets
D'une fadeur enchanteresse,
Tous gens couronnés de leur mair! ,
D'autant plus mortels au prochain.
Que, si leur beau feu tous approcha,
Sans dire gare, armés soudain,
Ils tirent la mort de leur poche.
Non contents d'amuser Paris,
Leur gloire va gagnant jDays
Par la renommée ou le coclic;
Les conQdences, les honneurs
De leurs personnelles lectures.
Étendant bientôt leurs faveurs.
Par la presse, par les voitures.
Sur nos lointains sèment les Dc-.:r3
Avec l'opium d.^ brochures ;
tprrr.t: mngtikmi