C24 VOYAGE
A poine les vieux coiis éveilloiont leurs poulcUes, Que, le clairon de notre messager
Sonnant partout le boute-selle,
Je fis l'eiïort de me lever (Car au plus mauvais lit le sommeil m'est, fidèlej
Je dormirois sur un clocher).
Je me relevai donc, non sans faire jurer
Mon impatiente séquelle ; lînfin je regagnai ma lente liaridello,
Ma valise, et mon cordelier.
Depuis ce moment tout le voyage fut affreux : nous ne trouvâmes jjIus que des chemins diaboliques, percés à travers des bois éternels;
Des ravines abominables, Des coupe-gorges effroyables, Dans de ténébreuses forêts, Où cent mille lutins, cent mille farfadets, Chaque nuit, avec tous les diables Tiennent leurs horribles sabbats, Des conciles épouvantables Auxquels je n'appellerai pas.
« Enfin, d'horreurs en horreurs, de monstres en monstres, nous arrivâmes et nous fîmes notre entrée dans la ville, bourg et village de La Flèche, oiî je pris volontiers congé de ma veuve de Rossinante : que vous dire maintenant de ce pays-ci?
La Flèche pourroit ôtre aimable, S'il étoit de belles i)risons*,