‹ Œuvres choisies. Précédées d'une appréciation littéraireChapitre 96 sur 242 · FLORISE, LISETTE · texte numérisé non relu

FLORISE, LISETTE

FLORISE

Eh bien , Cléon Paroîtra-t-il bientôt?

LISETTE

M;iis oui, si ce n'est non.

Comment donc?

LISETTE

Mais, madame, au ton dont il s'explique, A son air, où l'on voit dans un rire ironique L'estime de lui-même et le mé|)ris d'autrui, Comment peut-on savoir ce qu'on tient avec lui? Jamais ce qu'il vous dit n'est ce qu'il veut vous dire. Pour moi, j'aime les gens dont Tàme peut se lire, Oui disent bonnement oui pour oui, non pour non.

FLORISE

Autant que je puis voir, vous n'aimez pas Cléon.

LISETTE. J

Madame, je serai peut-être trop sincère. Mais il a pleinement le don de me déplaire. On lui croit de l'esprit, vous dites qu'il en a : Moi, je ne voudrois point de tout cet esprit-là. Quand il seroit pour rien. Je n'y vois, je vous jure,

2i>l LE MRCHANT.

Qu'un style qui n'est pas celui de la rlroituro, lit sous cet air capable, où l'on ne comprend rion, S'il cache un honnôle homme, il le cache très-bien.

F LCR 1 su.

Tous AOS raisonnements ne valent pas la peine Que j'y réponde : mais pour calmer cette haine, Disposez pour Paris tout votre arrangement : Vous y suivrez Cliloé; je l'envoie su couvent. Dites-lui de ma part...

LISIÎTTE.

Voici mademoiselle :

Vous-même apprenez-lui cette belle nouvelle.

F L 0 n 1 s E , ù Chloé , qui lui boise la main.

Vous êtes aujourd'hui coiffée à faire horreur.

(Elle sort.)

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